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    0:00 h
    0.00 km
    0 kcal
  • Greatest Moves
  • 23.10.2015
    • Trail running 19:19'56.9 Average heart rate 110 bpm, 100.5 km
      Endurance Trail : une course superbe, mais bien dure ! Après avoir participé à trois reprises au grand trail des templiers, avec une dernière participation dont je suis assez fier (c’est bien de se passer un peu de pommade…), je voulais gouter au grand causse noir de façon plus authentique, plus intime. En effet, l’inconvénient du grand trail c’est le nombre de participants : environ 2500. Comme beaucoup de chemin se font en single, on ne profite pas du cadre à sa juste valeur. C’est d’ailleurs un thème récurrent sur de très nombreux trails. La rançon du succès en quelque sorte. Bref, à l’issue de ma participation 2014, je me disais que l’endurance trail, avec ces 700 inscrits, était parfait. Combiné à la distance, 100Km, je voulais trouver cet isolement et cette intimité que je recherchais. Premières désillusions, avant la course, en apprenant que l’organisation a poussé les curseurs jusqu’à accepter 1300 inscriptions. J’étais vraiment inquiet de ce que j’allais trouver. Par ailleurs, impossible d’obtenir au préalable une trace GPX de qualité qui permette de bien préparer sa course. La trace officielle, disponible sur openrunner, ayant une surprenante attitude : sur le site la distance et le dénivelé correspondaient bien aux spécifications de la course. Mais, une fois téléchargée sur sa machine et importée dans son soft préféré (course generator, garmin basecamp…), la trace affichait 20km de plus et surtout le double de dénivelé. Bizarre. Enfin, et pour finir cette partie « contexte », c’était mon dernier ultra de la saison. Et la saison avait été bien chargée avec le 80km écotrail de paris, la MaxiRace d’Annecy (86k 5300+), la TGV de pralognan (72K et 3800+), sublime, et enfin mon objectif de l’année : la TDS (120k et 7400+). C’est donc le cœur léger que je suis arrivé à Millau en tout début d’après-midi le jeudi d’avant la course. Je retrouve immédiatement mon copain Alan et son épouse à l’hôtel et nous partons chercher nos dossards. Le sponsoring Kalenji (merci Thierry Breuil) à du bon : la dotation avant course est juste incroyable… On retrouve le traditionnel Buff, mais il est accompagné de chaussettes, d’un super coupe-vent et de manchettes. Franchement super ! L’après-midi sera occupée par le boulot qui a décidé de ne pas me laisser tranquille dans cette phase d’avant course. Et cela me coutera de rencontrer l’ami Bruno W. que je n’étais pas non plus arrivé à voir à Chamonix ! Nous sommes maudits ! Un diner entre ami rapide, et dodo à 9h, car le réveil est programmé à 2h20 le lendemain matin (ouch). Et là, contrairement au grand trail des templiers, on ne bénéficie pas du changement d’heure (passage à l’heure d’hiver)… Pour information, j’avais programmé une course en 18h. Les comparatifs de temps que je mentionne dans mon compte rendu sont donc entre mon temps réel et cet objectif. 1/ Du départ à Saint André de Vézines (km65) Rendez-vous devant les chambres avec Alan et Sébastien, un collègue du bureau, à 3h30. On se retrouve un peu avant 4h sur la ligne de départ. Première surprise : le temps. Je m’attendais à une température très fraiche (4°) ors il n’en est rien. À tel point que j’enlève ma seconde couche et les gants que j’avais pris pour les mettre dans le sac. Je partirais donc, à la classique cette année, en tee-shirt, manchettes, coupe-vent sans manche, bonnet et buff. Le départ est rapidement donné et nous partons à petit rythme avec les deux copains. La montée de carbassas se passe facilement et nous la montons à bon rythme. On passe le sommet à 5h20 parfaitement dans le rythme projeté (5h23). Le début de la descente à suivre est plus pénible : nous sommes bloqués dans des bouchons et sommes à l’arrêt durant plusieurs secondes. Pas glob. Lorsque le chemin s’élargit et qu’il devient possible de courir, l’ami Alan part comme une flèche. Il est bougrement à l’aise dans les descentes notre copain. Je reste avec Sébastien et nous clôturons cette première difficulté sans problème. Nous arrivons facilement donc au village de Paulhe. Il nous reste alors 7km à courir avant le premier ravitaillement de « Rivière sur Tarn ». Cette partie est courue sur du goudron (beurk), mais en longeant le Tarn qui nous accompagne du bruit caractéristique des rivières. La traversée d’Aguessac nous donne un avant-gout de la richesse et de la beauté des villages de cette région. Beauté immédiatement relayée par une montée dans Compeyre, sublime village (cf. photo). Les derniers kilo avant Rivière-sur-Tarn se font tranquillement, dans la nuit, et nous voyons au loin une lueur d’une bâtisse ou d’un rocher (bah oui, j’ai pas mes lunettes quand je cours !). On arrive au ravitaillement où on retrouve notre copain Alan. Nous sommes en avance sur mon timing (6h47 vs 7h18 – 798ème sur 1139 partants) et prendrons très peu de temps pour nous ravitailler. Nous repartons donc tous les trois mais rapidement notre ami Alan file devant. Le petite montée post ravitaillement nous rapproche du ‘gros rocher’ que nous avons remarqué. Il s’agit en fait du Château de Peyrelade à la forme vraiment originale. Du versant par lequel nous arrivons, on dirait vraiment un rocher. Comme nous le contournons, on constate la construction humaine à même la roche. C’est l’ancêtre de l’hybride ! Sublime, sincèrement. Ça nous donne la banane. Il nous faut aborder une petite descente avant d’attaquer la deuxième grosse montée du parcours (il y en aura 8 en tout…). Dans la descente, le copain Sébastien me montre du doigt la longue procession des frontales qui montent dans le versant opposé. Des petites lampes s’échappent même sur le devant de la course et on pense que nous assistons aux premiers qui sont loin, loin très loin devant nous ! Je me demande quelle sera la vue lorsque je serais au même endroit qu’eux ? Est qu’il y aura encore beaucoup de monde derrière moi sur le versant opposé ? On traverse rapidement le village de Boyne avant d’attaquer cette montée. Là encore je suis vraiment très bien dans cette montée. Je note que Sébastien est un peu plus lent. Je prends mon temps et l’attends. Arrivée à mi-parcours, je regarde de l’autre côté. Il y a une procession de frontale, mais je vois déjà la fin. A vu de nez, j’estime que nous sommes dans le dernier tiers de la course (contrôle à postériori au moment de la rédaction de ce compte rendu : bien vu l’artiste !). Le jour se lève et j’éteins ma frontale. On passera le point culminant à 8h55 en avance de 30’ sur mon timing. La descente vers Mostuéjouls est très aérienne et agréable. Elle se passe sans encombre. Dans le village, on retrouve des ruelles caractéristiques avec une évacuation des eaux au centre. Du bel ouvrage humain. Nous arrivons au 2ème ravitaillement à 9h20 (au lieu de 10h17) et sommes alors en 693ème position. Je serais surpris de retrouver Alan qui nous attendait. Je lui dis de partir devant, car il n’a pas le même rythme que nous et il ne faut pas qu’il gâche sa course. Nous ferons un ravitaillement express en 7 minutes et repartirons rapidement. Avant de partir, je passe un coup de fil à ma chérie et lui indique que tout va bien. L’entendre me réconforte toujours…. La bosse suivante nous amène au Rozier après une montée de plus de 400m. Cette partie est vraiment superbe avec des paysages à couper le souffle (cf. photo). On passe par le Cirque de St Marcelin qui nous offre des rochers sculptés par le temps de toute beauté. Un régal. Le pied intégral. On passe le point haut à 10h25 au lieu de 11h06 ce qui veut donc dire que nous sommes un peu plus lents dans les montées. Je vois que Sébastien n’est pas à son aise, mais reste avec lui. Arrivé au Rozier, je retrouve Olivia, l’épouse d’Alan, avec laquelle j’échange rapidement quelques mots. J’en profite pour récupérer des barres qu’elle avait la gentillesse de porter pour moi. Nous pointons à 11h13 au Rozier en avance de près d’une heure (12h11 heure prévue). Nous sommes en 691ème position. Les descentes se passent bien donc. On recharge un peu plus longuement et on repart. J’essaye de joindre le copain greg qui courra son premier templier dimanche. Mais non, il doit être occupé. En fait, je voulais connaitre notre classement. Tant pis, on range le portable et on trottine gentiment. Comme toujours, une fois le portable rangé, il se met à sonner. Tant pis c’est trop tard ! Avant d’attaquer la bosse pour rejoindre « Le Truel », on passe à proximité d’un champ où des individus font voler un drone. Je m’interroge sur le nombre de moteurs du drone compte tenu du boucan et de la taille qu’il fait. Je fais l’idiot en saluant et criant à l’attention de la machine. Je passerais peut-être dans un film promotionnel ! La montée qui suit est sublime. Le soleil s’est levé, il fait chaud. Le chemin est une pure beauté, combinant des roches blanches et un peu de terre. Je me prendrais quand même une bonne crise d’hypoglycémie. Je la stoppe immédiatement en avalant (dévorant !) deux barres. Là je me dis qu’il serait bien que je recroise Olivia, car je vais être à court de barres énergétiques. Et comme je n’en vois pas sur les ravitaillements, ça risque d’être tendu. Dans l’immédiat, celui qui est tendu, c’est le copain Sébastien. Je vois qu’il a de plus en plus de mal à monter. Après l’avoir attendu à plusieurs reprises, et me sentant vraiment bien, je prends la décision de le laisser faire sa course. Je file au point d’eau du village de « Le Truel » et on verra bien. Cette partie est vraiment sublime avec des vues à couper le souffle. J’en sélectionne une pour le compte rendu à savoir les Gorges de la Jonte (cf. photos). Quel pied. A cet instant précis, je suis aux anges… On passera par de nombreux passages avec des panneaux « attention danger » : des petits chemins à flanc de roche, des profils vertigineux. Je me dis alors : merci, c’est exactement ça que je cherchais ! Cette partie sera certainement la plus belle de toute la course. Je suis avec un couple dont l’accent trahit l’origine. Ils sont eux aussi totalement conquis. Ils doivent pourtant avoir des paysages de choix dans le paca… Oui, mais j’insiste : comme c’est beau ! On redescend sur terre au kilomètre 51 en retrouvant la route (D996) un peu avant le Truel. On a un peu plus de 1km à courir sur le goudron et on arrive au point d’eau. Et là, pour la première fois de ma petite vie de traileur, je dois faire la queue pour prendre de l’eau. Il n’y a que 2 robinets pour tous les traileurs ! Dingue et idiot. J’entends des coureurs dire qu’ils ont assez d’eau. Je ne sais pas comment ils comptent les garçons, ou boivent, mais le prochain point d’eau c’est Saint André de Vézines et c’est dans 11k.. Comme il fait chaud, cela ne me semble définitivement pas conseillé de partir sans eau. Une fois chargé en eau, je regarde rapidement si Sébastien arriverait. Pas de Sébastien à l’horizon, je file donc continuer ma course. Je suis passé au Truel à 13h02, exactement 1h en avance sur mon temps prévu. Je suis content de maintenir l’avance. Ce qui veut dire que je suis constant dans mon rythme. Très bonne chose. Je pointe alors en 668ème position. Je suis très bien en partant. Petite descente et nous voilà à longer la Jonte (rivière). Petits zigzag que j’aborde à bon rythme avec un compagnon créé à l’occasion. Nous doublons de nombreux coureurs. Ça monte, ça descend, gauche / droite. Amusant. Bizarrement, je suis vraiment en pleine forme. Bizarrement, car nous avons déjà absorbé plus de 50k et 2500m depuis le départ. La saison m’a bien préparé à cette aventure de toute évidence. Je regarde mon profil et le chemin : je suis à la recherche de la montée qui doit m’amener à plus de 900m. Je la trouve et l’aborde à bon rythme. Les sensations sont bonnes et je passe le Cirque de Madasse tranquillement. Je passe le point haut à 14h15 en avance de 45’ sur mon objectif. La suite se passe bien aussi. On passe par l’ancien prieuré de Saint Jean de Balmes (cf. photo) et on file tout droit sur Saint André de Vézines. J’arriverais à Saint André à 15h03 soit un peu plus d’une heure d’avance sur mon temps prévisionnel. Je serais alors en 624ème position. A Saint André je retrouve Olivia. Je suis surpris et elle m’indique qu’Alan est partit il y a une 15ène de minutes. Intéressant. Je prends quand même le temps de manger et boire. Je note que je commence à avoir mal au ventre. La faute à la diversité sur les ravitaillements. Manger simple et non diversifié. Bon à retenir pour plus tard. J’ai un petit coup au moral, car Saint André est le 2ème ravitaillement des templiers. Je connais plutôt bien le reste du parcours qui n’est pas simple. Si c’est le même. Je discute un peu avec Olivia et en profite pour reprendre plein de barres d’énergies. J’appelle mon copain Greg, car ma petite femme est au boulot et je sais qu’elle ne peut pas prendre d’appels. Je déconne avec le copain qui sent que j’en ai sous le pied. C’est vrai, mais à 65 bornes, ça commence à faire du bon jogging… 2/ De Saint André de Vézines à Millau Je repartirais après 15’ d’arrêt. Je sais que la suite est une belle descente vers la Roque Sainte Marguerite avec un coup de cul à mi-parcours. Je trottine tranquillement puis finalement galope correctement. En fait, la trace dont je me suis servi pour faire le profil que j’embarque avec moi est celle de l’année dernière. Je me rends compte en rédigeant ce compte rendu qu’il n’y aura pas de coup de cul. La descente se fera tout du long jusqu’à la Roque. Je ne m’arrêterais donc jamais de courir jusqu’à la Roque. On passe par le micro village de Montméjean (cf. photo) que j’affectionne particulièrement. Je l’avais découvert l’année dernière lors de mes vacances à Nants avec le copain Greg. J’avais alors découvert « l’arbre à papillon » qui existe dans ce village. Un groupe de 4/5 personnes nous acclament dans le village. Le bruit qu’ils font permet de savoir la distance du prédécesseur et du suivant. Je passe à bon rythme cette partie. Je me souviens que par la suite nous empruntons un GR qui grimpe fort et nous nous retrouverons alors sur un plateau avec une vue dégagée sur le Viaduc de Millau. Je redoute cette partie où j’avais eu un coup de mou l’année dernière. Tant pis, advienne que pourra. Je me concentre sur ma course. J’ai mis mon ipod à la sortie de Saint André et me concentre sur la musique. Les sensations sont bonnes et le rythme de la course tout à fait correcte. Tout d’un coup de réalise que je n’ai pas emprunté le fameux GR. Bizarre. Je m’interroge intérieurement. Il va arriver, c’est sûr. Eh ben non, mon cochon, l’arrivera pas ! Je constate que le chemin que nous prenons commence sa descente vers la Roque Sainte Margueritte. Je suis très content intérieurement et en profite, comme un idiot, pour accélérer. J’arrive rapidement à La Roque Sainte Margueritte qui est juste un point d’eau. Je n’en reviens pas. Je passe à 16h10 au lieu de 17h57…. J’ai méchamment accéléré. J’avais 1 heure d’avance à Saint André. Je suis maintenant à près de 2h… Je suis abasourdi au point de demander à une passante sur le ponte qui nous permet de passer la Dourbie si nous sommes bien à la Roque. Elle me regarde, surprise, et me répond par l’affirmative. Elle devait certainement penser que j’étais cramé au point de ne plus savoir où j’étais ! Après le pont c’est une longue montée vers Pierrefiche. 4km avant le ravitaillement. Avant la montée, je suis rejoint par un coureur avec lequel nous attaquons une conversation. Elle durera toute la montée. Le garçon, qui s’appelle Emmanuel, m’explique que c’est son premier ultra et qu’il est ultra carbo. Je lui dirais que je suis dans le même état. Je ne m’en souviens pas aujourd’hui, 4 jours après la course, mais je me souviens très bien lui avoir dit que j’étais marqué aussi. Il m’expliquera qu’il prévoit d’arriver à minuit n’étant plus capable de courir et s’inquiète de la barrière horaire de Massebiau, la dernière devant nous. Je le rassure immédiatement, car à cet instant nous avons près de 3h d’avance sur les barrières horaires. Comme je souffre pour la première fois de façon appuyée, je n’apprécie pas notre conversation à sa juste valeur. Cette montée vers Pierrefiche n’en finit pas. On arrive quand même au sommet et je trottine avec beaucoup de difficulté vers Pierrefiche. Je marcherais même une grosse partie du temps. Le moral est bas lorsque j’arrive au ravitaillement. Il est 17h04 et j’ai une avance de plus d’1h30 sur mon objectif. Je pointe alors en 555ème position. Le ravitaillement est caractéristique, car l’arrivée des coureurs longe les départs. On monte un escalier d’une maison pour redescendre afin de prendre de l’eau. J’essaye de manger ce que je trouve d’un peu consistant. Je tombe sur du taboulé. Après quelques fourchettes, j’ai la nausée. J’avale ma soupe chaude assis. Je suis méchamment marqué. Le copain Emmanuel se pointe pour trinquer avec moi. Pas l’air complètement marqué le garçon. Au départ de Pierrefiche je rediscute avec 2 anglaises avec lesquelles j’avais déjà échangé quelques mots lors des précédents ravitaillements. Elles avancent bien les filles. Elles me demandent la distante restante jusqu’à Massebiau. Je suis confus, car j’ai noté que mon profil n’avait pas les bonnes distances. J’improvise un 13km. Cela me parait long, très long. Mais sur mon profil, je dois avoir une petit bosse à passer, une belle descente puis du quasi plat jusqu’à Massebiau. Connerie. En fait j’aurais 3 bosses bien piquantes. Je ne le sais pas encore. J’ai du mal à avancer. J’essaye. J’alterne petit trot et marche. Je suis vraiment marqué. Je commence à avoir des idées noires. Je pense abandon. Il y aura finalement 17km entre Pierrefiche et Massebiau. Pas 13… Je retrouve des coureurs et visages connus, dont mes deux anglaises. Nous souffrons tous visiblement. La luminosité tombe. Lors des passages en sous-bois, la terre étant noire, on ne voit plus rien. Emmanuel m’a rejoint depuis un bout de temps. Chouette… Je prends la décision de sortir la frontale. J’assiste à un beau coucher de soleil, mais me dis que je vais arrêter à Massebiau. Je fais 5 mètres et commence à greloter. Je suis fatigué. Je m’arrête de nouveau pour enlever mon tee-shirt et mettre ma seconde couche du matin. Quel con, j’ai oublié de la mettre dans un plastique et elle est mouillée de ma transpiration. Le moral sombre. Je suis convaincu que je ne passerais pas Massebiau… La descente vers Massebiau est franchement technique. Je souffre J’arrive sur Massebiau en marchant. Je valide mon passage au point d’eau à 20h55. Exactement l’horaire prévu sur mon plan de route. Sur ces 17km, j’ai bouffé mon avance d’1h30. C’est dire…. Je pointe en 574ème position. Ça confirme qu’on est tous cramés ! Massebiau. Je mets mon cerveau en sourdine. Je charge en eau et repars tout de suite. Ne pas réfléchir. La montée du Cade est la plus longue de la course. Je la redoute. J’avance comme un escargot. Ma seule préoccupation : ne pas m’arrêter. Le cher Emmanuel réapparait derrière moi. Cette fois je m’isole dans ma bulle et ne lui parle pas. Ou par de très brefs mots… Pas très courtois, je dois le reconnaitre. Mais quand tu es dans le dur, tu es dans le dur. La montée au Cade ne sera pas si difficile. Je la fais très tranquillement, très doucement. Mais pas d’arrêt. J’arrive en haut avec le fameux Emmanuel. Je retrouve des couleurs, car c’était la dernière difficulté. La course est faite. Le temps importe peu. On arrive à la ferme du Cade ensemble. Ah, ce ravitaillement. Une vraie ferme, avec un bon feu de bois. Sur les templiers je la voyais de jour. Là, la nuit venue, le froid et l’humidité, ce feu de bois c’est juste super. Les bénévoles sont adorables et sympathiques. L’année dernière il y avait des petits canapés à base de pain d’épices et de roquefort. Je n’en vois pas et fais mon étonné. Immédiatement, une jeune femme se propose de m’en faire. Adorable. Je savoure mon roquefort et repars. Je veux en finir maintenant. Je ne peux plus courir et marche rapidement. J’arrive encore à faire des arrêts technique preuve que l’hydratation est très bien gérée. Le chemin que nous empruntons n’est pas celui des templiers. On ne redescend pas pour affronter la montée au Puncho d’Agast. Avant d’arriver à ce point culminant, je suis rattrapé dans les sous-bois par un coureur. Je me retourne et constate qu’il n’a pas de frontale. C’est l’homme de mon couple à l’accent caractéristique. Visiblement, plus de femme. J’engage la conversation avec lui sur son absence de frontale. Il m’explique l’avoir laissée à un ami et n’en a pas d’autres. Complètement dingue. Le gars finit par me doubler et part en trottinant dans la pleine nuit. L’est complètement fou ! On arrive au puncho. Le vent souffle fort. J’ai froid. Mais l’idée que la course se termine dans 2 kilomètres motive. On attaque alors la descente vers Millau. Un chemin très technique, compliqué, cassant. Une horreur. Avec une difficulté à passer au milieu à savoir la grotte du Hibou. J’suis mort. La descente me détruit, je suis incapable de courir. On arrive sur un chemin et on entend les micros. C’est la fin. Je termine les derniers 500 mètres en trottinant, ne pouvant plus courir. Je passe la ligne d’arrivée, épuisé, à 23h28 soit 1h après mon objectif de temps. C’était une course sublime superbe, mais franchement une vraie course bien dure. Elle est probablement arrivée après une saison trop chargée. La course de trop, je me suis répété longtemps durant la partie dure. A postériori, en écrivant ce compte rendu, j’ai vraiment été dans le dur après Pierrefiche. J’ai donc été bien durant 80 bornes où j’ai pu accélérer progressivement. Mais les 20 derniers kilo ont été très compliqués. Manque de foncier ? Probablement pas compte tenu de la saison. Trop de courses cette année ? Probablement oui. Mais à l’inverse, l’aisance que j’ai ressentie durant la majorité des ascensions est aussi le résultat de ce « trop de courses ». Alors ? Quelle est la bonne stratégie ? Je ne sais pas encore. Mais, en écrivant ce compte rendu, en regardant et recherchant les photos des vues que j’ai eu le plaisir de découvrir durant le parcours, en me souvenant des sensations agréables, je crois que j’ai vraiment envie de repartir… Quelques statistiques : 1139 partants dont 51 femmes. 872 arrivants dont 32 femmes. 267 abandons / barrières horaires donc soit 23,4% des partants.
    • 27.10.2015

      Compeyre

      27.10.2015

      Chateau de Peyrelade

      17.9.2011

      Mostuéjouls

      27.10.2015

      Cirque de Saint Marcelin

      27.10.2015

      Gorges de la Jonte

      27.10.2015

      Gorges de la Jonte - Vase de sèvres

      27.10.2015

      Ancien prieuré de Saint Jean de Balmes

      27.10.2015

      Montméjean

    26.8.2015
    • Trail running 31:00'58 Average heart rate 118 bpm, 119.1 km
      TDS 2015 : une course vraiment difficile… Préambule : La trace affichée sur le site n’est pas celle de ma montre (movescount)… Mais j’ai bien fait la course ! En fait, j’ai découvert que lorsqu’on mettait la montre à charger durant la course (ce que j’ai fait au Cormet de Roselend), elle se mettait en pause. Il manquait donc une longue partie de ma nuit. Du coup j’ai voulu me recaler en partant des contamines (second tracé). Et enfin, la montre s’est arrêtée (plus de batteries – mauvais choix de paramétrage) un peu avant les Houches. Et pour parfaire le tout, j’ai fait la bêtise de supprimer les traces après import dans movescount : à partir de là, impossible de les réimporter après suppression. Bref, j’ai bricolé qqchose pour refléter ma course. Le temps est bon. La distance et le dénivelé celui communiqué officiellement par l’organisation. Les calories sont estimées… 1. L’avant Course Une fois n’est pas coutume, et en prenant exemple sur l’ami Bruno W., je vais glisser quelques lignes de ce qui se passe avant le départ. Arrivée sur Chamonix le lundi 24 août. Un temps horrible avec presque l’obligation de s’arrêter sur l’autoroute tellement la pluie tombait fort. Mais la météo affichait un grand soleil à partir du mardi et jusqu’à la fin de la semaine. Ayant été dans le Nord la semaine d’avant, ma grosse inquiétude était le temps. J’avais encore en mémoire ma souffrance du froid l’année dernière (très mal géré la nuit). Et météo France, avec ses annonces, m’avait quand même remonté le moral. Qui plus est, le site officiel UTMB confirmait la chaleur (« canicule » n’était pas employée) qui allait nous accompagner tout au long de la course. Je m’installe dans mon hôtel, tout proche du centre, et confirme mon organisation : lundi après-midi cool / shooping ; le mardi : retrait des dossards et mercredi course. Je prépare mon sac pour le lendemain et met sous vide tout ce qui peut l’être (réduire le volume au maximum…). J’en profite pour acheter un pantalon chaud en remplacement de mon corsaire (promo cette semaine, de façon récurrente) et voili voilou. Ah si, l’hôtel étant équipé d’un sauna, j’en profite pour en faire un. Pas certain que ce soit terrible, car cela conduit à transpirer et à virer les sels minéraux que l’on s’est donné la peine d’ingurgiter avant. Mais bon, ça détend. La nuit du lundi à mardi se passe mal. Pas possible de trouver le sommeil. Je stresse. L’échec de l’année dernière est bien présent. J’ai vraiment des doutes sur ma capacité à réussir l’épreuve. La journée du mardi passe vite et la soirée est déjà là. Les sacs de délestages (cornet de roselend) sont prêts. Mon sac est prêt. Tout est prêt. Sauf le bonhomme ? J’en sais fichtre rien. Couché de bonne heure, car levé à 3h le lendemain matin. Ma navette m’attend à 4h15 pour un départ de la course à 6h. Le réveil sonne. Je suis grave dans le pâté, car très mauvaise nuit. Je descends direct au petit déj. Je récupère mon gâteau sport et prépare mon sportdéj. La procédure est rodée. Mais là ça coince. Pas d’appétit. Très difficile de manger. J’ai l’impression d’être un gamin un matin d’examen. Un gamin qui ne rêve que d’une chose : qu’on lui dise que l’examen est annulé. Je me prépare rapidement, les choses ne se passent pas comme d’hab. Je ne suis pas comme d’hab. Mais au fond de moi, je sais que ce n’est pas une journée comme d’hab. On prend la navette (bus) qui nous amène à Courmayeur. J’ai même du mal à boire la boisson d’attente que j’emporte avec moi. Arrivé à Courmayeur un peu avant 5h, je file directement sur la ligne de départ sans passer par la case gymnase. Je lève la tête : plein d’étoiles dans le ciel. Waouh. Je suis amusé par les tenues des concurrents. L’organisation est super bien faite est permet d’avoir un sac qu’on laisse sur la ligne de départ et que l’on récupère à la fin de la course. Du coup, on peut bien se couvrir ce que j’ai fait. Autour de moi, je vois des types en teeshirts et short qui naturellement se caillent, d’autres avec des sacs-poubelle improvisés en pancho qui ne doivent pas avoir très chaud non plus. Sur la ligne de départ, certains seront au contraire très couverts. Ce sont les mêmes que l’on voit juste après la première bosse, 1k après le départ, s’arrêter pour se changer. L’expérience c’est bien ! Mais je n’en mène pas large. Je suis dans ma bulle. Je m’approche de la ligne de départ. Nous nous approchons de la ligne de départ. Dans le ciel, les montagnes commencent à se dessiner. L’aube se lève. Il est 5h55. La course commence dans 5 minutes…. 2. Première partie : jusqu’à bourg saint maurice Pan ! C’est parti ! Je suis toujours abasourdi par le rythme de certains. Ils partent comme des balles. Dans les rues étroites de courmayeur, ils slaloment entre les coureurs pour doubler, accélérer, éviter, bondir ! Sont fous ! Je me demande toujours ce que devient toute cette énergie plus tard. Car on ne part pas pour un jogging là ! Bref, je suis dans ma course. Je pars doucement et prudemment. Même stratégie que l’année dernière en encore plus prudent. Certains ont allumé leurs frontales. Pas la peine ! Le soleil arrive ! La montée au col checrouit se passe facilement. Je m’amuse à m’arrêter au même endroit que l’année dernière pour faire une première pause technique. Ras dans cette partie. La maison veille arrive vite. Je ne m’arrête pas, car n’ai pas de besoin de ravitaillement. A ce moment-là, on quitte les chemins de montagne où l’on peut être 3 ou 4 de fronts pour prendre des singles tous mignons. Et naturellement, ça bouchonne. Entre le col chécrouit et l’arrête du mont-favre, il y aura de nombreux arrêts imposés. Je ne me stresse pas (contrairement à l’année dernière) et me détends. Les sensations sont bonnes, mais je ne suis pas encore dans la course. Dans cette montée je retrouve un garçon avec lequel j’avais fait la reconnaissance TDS en juillet 2014 (Pierre Rioux). Comme moi, il avait échoué l’année dernière. Il est accompagné d’un camarade rencontré lors du GR20 qu’il a fait cet été. Leur rythme étant supérieur à celui que je voulais suivre, le les laissent filer… Les paysages deviennent tout de suite somptueux. Nous arrivons à l’arrête du Mont Favre (2409m, 1293+ depuis le départ) en 2 :28 de course. A 9minutes près, je suis dans les temps de l’année dernière (mais je ne le sais pas, n’ayant pas pris en mémoire mes temps N-1). La descente vers le lac combal est abordée tout en douceur. Je soulage au maxi les quadri et ne force absolument pas. Je trottine sur la route jusqu’au ravitaillement que j’atteins après 3h02 de course (40 secondes de plus que l’année dernière !). Le rythme est visiblement plus élevé que l’année dernière, car je suis classé 1258 alors qu’avec le même temps j’étais 979 en 2014… Je regarde mon téléphone et vois les premiers messages. J’essaye de joindre ma femme, mais impossible. Je range le téléphone et repars, un peu triste. Au ravitaillement, j’ai pris mon premier bol de bouillon avec vermicelles. J’en prendrais à chaque ravitaillement durant cette course… La montée au col chavanne est longue et difficile. Nous grimpons à 2584m d’altitude et les effets de l’altitude comment à jouer. Je ne suis toujours pas dans ma course, mais les sensations sont bonnes. Mes choix vestimentaires sont bons. Je n’ai ni trop chaud ni trop froid. Parfait. Pour information, j’ai opté pour le teeshirt avec manchons sur les bras. Ce qui me permet de chauffer ou d’aérer sans m’arrêter. Casquette sur la tête et buff autour du cou. L’ascension du col chavanne se passe bien. La fin de parcours est lunaire. On glisse le long de la montagne pour passer le col. Les ascensions sont raides. Nous sommes à la queue leu leu et le rythme est doux et parfaitement supportable. J’en profite pour en prendre plein les mirettes. C’est beau. Vraiment beau… Je passe le col à 10h25 après 4h24 de course (+15’ vs 2014). Les cols c’est toujours un moment privilégié. De nombreux coureurs s’arrêtent pour contempler leur ascension. Pour mieux apprécier ce qu’ils viennent de vaincre. Je ne serais pas de ceux-là et file directement sur la suite. Après le col, c’est un chemin large qui nous attend et qui descend longuement. C’est une partie qui se court facilement. Je prends mon temps, trottine gentiment et protège au maximum mes jambes. J’arrive à joindre pour la première fois ma femme et lui donne des nouvelles. Comme j’ai galéré pour la joindre (réseau italien), je suis sur haut-parleur et tous les autres coureurs en profitent. Je m’excuse, pas vraiment l’esprit trail en montagne ! J’essaye de voir les messages de mon fan club mais rien ne passe. Je pense à mes amis qui sont derrières leurs écrans et qui viennent de voir un point s’allumer sur Col Chavanne. Cela me réconforte, c’est bête, mais c’est comme ça. Je ne suis toujours pas dans ma course, mais les choses vont bien. Cette descente est très longue et je me rends compte que je risque d’être à court d’eau. Je ne me stresse pas, car je sais qu’il y a des courants d’eau sur la route où je vais pouvoir me ravitailler. Je retrouve celui où nous nous étions arrêtés lors de la reco et fait le plein. J’en profite pour glisser et faire une micro chute, mais aucun bobo. Très bête, car je verrais un peu plus tard d’autres cours d’eau plus accessibles ! Je me méfie énormément de ces ravitaillements sauvages, car si l’eau est impropre à la consommation, la course peut très vite s’arrêter ! Bien regarder s’il y a des champs avec des vaches en amont du cours… Merci Philippe de la leçon ! Ce chemin est vraiment long jusqu’à Alpetta, la passerelle. Je redoute un peu le passage qui va suivre, car le parcours quitte ce chemin (route) pour longer le court d’eau. Résultat, des passages très très gras où nous avions risqué de perdre nos chaussures l’année dernière. Mais le plus grave est d’avoir les pieds mouillés par la boue. Ce qui augmente considérablement le risque d’ampoules et de bobo par la suite. N’oublions pas que nous sommes à tout juste 30 bornes… Nous quittons la route. Très rapidement je ne reconnais pas le passage. Et pour cause, l’organisation nous fait passer par un tout autre chemin. Technique, beau, qui serpente dans les alpages. Génial ! On traverse le cour d’eau au sec. Il fait beau. Il y a des fleurs magnifiques. La vache, que c’est beau !! J’ai la suite assez bien en mémoire. L’année dernière je disais à Alan, le copain avec qui je courrais, que je n’aimais pas cette suite. Et bien j’ai changé d’avis. Le cours d’eau passé, ca grimpouille par un chemin facile pour longer quelques mètres une route et reprendre un chemin de terre. L’occasion de croiser quelques supporters qui nous acclament, cela fait toujours du bien. Le chemin est vite quitté pour reprendre un single qui serpente dans les alpages : des fleurs, des fleurs et encore des fleurs. Le tout sous un grand et beau soleil. Waouu. De nouveau une traversée de cours d’eau, mais cette fois sur un petit pont en pierre hyper authentique. L’arrivée au col du petit saint bernard est elle aussi modifiée. Avant le lac verney, nous prolongeons le single dans les collines au lieu de continuer sur un chemin de terre. Chemin sur lequel me sentant bien j’ai pris le temps de trottiner et de doubler quelques coureurs. Super sympa aussi cette variante ! D’ailleurs, ce sera vraiment les seules modifications de tracé que j’aurais noté depuis l’année dernière. Le lac verney, toujours aussi beau, nous accueille. Suit un raidillon pour grimper au col. Il se passe bien. Il y a du monde et cette vie accompagnée d’acclamations réconforte. Encore et encore. Devant moi des gamins accompagnent un père. J’entends un des garçons dire « eh ben on pourra dire qu’on aura fait la montée la plus dure de la TDS ». Je me sens obligé d’intervenir pour ne pas les laisser dans l’ignorance. Oh que non, ce n’est pas la plus dure… Elle est rude, soit, mais franchement courte. Allez voir du côté de Bourg Saint Maurice … Je ne croyais pas si bien dire… J’arrive au Col du petit St Bernard juste avant 13h après 6h59 de course (+24’ vs 2014). Bouillon, pain, fromage. Je recharge en eau et repars rapidement. Globalement, je perdrais vraiment très peu de temps dans les ravitaillements contrairement à l’année dernière. Sur le chemin, j’appelle ma petite femme. Tout va bien. Je prends le temps de digérer ce que je viens de manger. Pas la stratégie adoptée par certains. Ce qui conduit d’ailleurs des concurrents à faire des haltes vomissement avant la descente sur Bourg… Pas bon ! Une pierre plate avec des pointillés verticaux signale le passage de la frontière. Me voilà de retour en France ! J’essaye de joindre les copains. J’arrive à joindre Matthieu à qui je file les premières informations et nous échangeons sur la technique. Je laisse l’ancien Hospice du Petit Saint Bernard sur ma gauche. Nous avions passé une nuit dans cet hospice lors de la reco. Du 4 étoiles de super classe de refuge. Je me souviens encore du diner : des diots avec des pâtes. Comme c’était bon ! Je peux enfin lire quelques messages par SMS. La connexion n’est pas terrible et ne me permet pas de lire ceux postés sur face de bouc. Dommage, ca fait toujours du bien. On verra cela à Bourg. La descente sur Bourg Saint Maurice est une longue descente qui commence par un chemin (route) et finie par un single technique. L’année dernière je m’étais brulé les ailes et pars donc très prudemment. Je suis vraiment bien dans cette descente que je cours tout du long. Même les parties plates où je double quelques coureurs. Premier contrôle volant de l’organisation : badge des dossards. L’arrivée sur Bourg est toujours aussi laide. Il fait chaud lorsque l’on quitte la forêt et les quelques kilomètres sur le bitume sont éprouvants. Je remarque que les fontaines où nous avions bu l’année dernière sont vides. Pas glop. La montre sonne. Tien ? Ke passa ? Je regarde : « alerte orage ». Je lève la tête : pas le moindre nuage, mais uniquement un grand soleil. Je conclus : la montre a eu une insolation ! Sur un petit chemin, des gamins jouent avec un point d’eau (borne d’incendie ?). Ils proposent aux coureurs de leur remplir leurs gourdes. Ils affirment que l’eau est potable. Je suis dubitatif, mais je suis à court d’eau. Je remplis et prends le temps de m’asperger le visage (et la casquette). Les gamins nous saluent et l’on repart sur Bourg. Traversée de la forêt avant Bourg. Long et pénible. Je marche tranquille et reprends la course à l’arrivée de bourg, histoire de faire bonne figure ! Arrivée à Bourg Saint Maurice à 15h37, soit après 9h37 de course (+1h11 vs 2014). Je suis 1073 et j’ai repris 130 places depuis St Bernard. Je recharge les gourdes, prends vermicelle, fromage, tuc et pain et file m’assoir. Pour la première fois, je sens que je marque un peu le coup. Je ne traine pas au ravito mais prends quand même le temps de lire les messages sur face de bouc. Génial, plein d’encouragement. Connement, les larmes me montent : c’est qu’il est émotif le garçon. Allez, on ferme le portable, et on se relève. Je passe le contrôle des sacs à la sortie sans devoir défaire mes sacs, classe ! Un peu plus loin, au calme, j’appelle ma chérie. Elle détecte cette fatigue dans ma voix. Elle me réconforte, m’encourage. Dieu que c’est bon ! J’appelle les copains. Ça passe mal. Tant pis, on verra ca plus tard. 3. Deuxième partie : jusqu’aux Contamines J’attaque alors probablement la plus grosse difficulté de cette course : sur les 11,5 prochains kilomètres, nous allons prendre 1900m de dénivelé. Près de 17% de pente moyenne sur plus de 10 bornes. Eh, les enfants de Saint Bernard, viendez donc un peu par là. Ca ça pique fort ! Je commence mon ascension avec un drôle de coureur. Il m’explique qu’il souffre de maux de ventre et que si ça ne passe pas, il arrête. Je comprends. Il m’indique avoir abandonné l’année dernière au Cornet. Ça aussi, je comprends. Mais là où je ne comprends plus, c’est qu’il m’indique qu’il était au cornet vers les 17h l’année dernière. Soit après 12h de course. Dans le Top 10. Euh, qu’est-ce qui t’arrive garçon ? Car là tu n’y es pas dans le top 10… La marche m’a paru beaucoup trop grande pour être vrai. Déformation professionnelle. Je prends mes distances et lui dit de monter à son rythme. Car moi, je suis un vrai lent… La même que l’année dernière. Le même chemin. C’est long. C’est dur. Ça n’en finit pas. Bizarrement je ne souffre pas. Il fait peut-être un peu moins chaud que l’année dernière, mais il fait chaud. Progressivement, il y a de plus en plus de coureurs qui s’arrêtent. S’allongent. Perso, je ferais une petite pause, juste comme ça. Pour regarder le paysage. L’arrivée au fort de la platte est redoutable. On voit le fort, tout là-haut dans la montagne. On voit le chemin qui nous y amène : droit dans l’pentue… On serre les fesses et on y arrive. 17h47… Voilà maintenant 11h46 que je cours (+45’ vs 2014). Je suis bien monté. Je passe en 967ème position. Mais j’ai trop tiré dans les ressources. Je vois pour la première fois le double point d’eau du fort de la platte : une partie privée, où il faut payer sa boisson, et de l’eau traditionnelle. J’opte immédiatement pour l’eau traditionnelle, car je ne prends rien d’autre ! Je sais que l’ascension n’est pas terminée. Je sais que la suite est dure. J’ai un méga coup de moins bien. Comme ça. Pan dans les dents. Je ne l’ai pas vu venir. Je m’écarte du point de contrôle et m’assois dans l’herbe. Je craque. J’en peu plus. Je veux arrêter. Aussi dingue que cela puisse paraitre, à cet instant précis, je ne vois pas d’autre alternative que d’abandonner. Le seul truc qui m’arrête c’est de me dire que je vais devoir redescendre à Bourg. Tant pis. Bon, je prends quand même le temps d’appeler ma femme. Impossible de la joindre. Le téléphone déconne ou quoi. Je lui envoie un sms lui demandant de m’appeler. On se parle. Elle me boost : non, n’abandonne pas, tu vas le regretter. Prends ton temps, repose-toi, mais n’abandonne pas. Moi : j’en peux plus, j’en ai marre. Elle : en plus, je ne veux pas que tu retournes à cham l’année prochaine. Moi : je ne retournerais pas à cham ni l’année prochaine ni jamais. J’arrête la course. C’est pas fait pour moi… Je lui dis que je vais appeler les copains pour voir. Ok. Impossible de joindre Greg. Je shoote un Sms à Matthieu. Il m’appelle. Se mobilise. Fais un check-up : c’est rapide, je n’ai rien ! Et là, je prends ma fessée. Et il a raison. Hors de question d’abandonner. Je suis préparé. C’est juste un sacré coup de moins bien. La bête va repartir c’est certain. Lève-toi et marche. Je vous le fais bref, mais nous restons bien 15’ au téléphone. Je me lève. Quel con, il a raison. Elle a raison. Je suis prêt à la bouffer cette TDS. Je repars doucement et les choses reviennent gentiment. Le Passeur. Le passeur de Pralognan. Je le devine au loin. Il est caché derrière un repli de la montagne, mais il est là. Le jour commence à tirer sa révérence. Le Passeur, il vaut mieux le passer de jour. Ce n’est pas tant l’ascension qui est dangereuse, mais la descente. De l’autre côté, c’est des pentes à plus de 40%. Ça devrait le faire. A ce moment je sais que je suis nettement plus long que l’année dernière. Car j’ai le souvenir de l’avoir passé plus tôt alors que le départ était une heure plus tard. Peu importe, je me fiche du temps de l’année dernière. Ce qui compte, c’est cette année. Au détour d’un virage, je découvre MON passeur de pralognan. Ca va le faire… La fin du parcours est très aérienne, très belle. Les passages sont techniques, mais j’adore. Je prends mon pied. J’arrive au passeur où des gendarmes nous accueillent. Il est 20h22 soit 14h22 de course (+1h37 vs 2014). Je passe en 1131 position (l’arrêt post Fort de la Platte…). Les gendarmes nous aident sur les premiers mètres de la descente. La vache, je ne me souvenais pas que c’était si rude. On est carrément dans de l’escalade là. Je me rappelle mes balades dans la Montagne Sainte Victoire avec le copain Greg. Bah, c’est çà… Bizarre, mais après plus de 14h de course, ça ne fait pas le même effet… J’avoue galérer un peu sur cette descente, mais nous arrivons à laisser le plus dur derrière nous. Je suis derrière un gars avec qui j’entame la discussion. Le single qui suit est assez technique et se court mal. Je ne suis pas certain de l’avoir couru l’année dernière. Cette année je trottine avec mon compagnon du moment. La nuit tombe et les premières frontales apparaissent. Nous sommes assez écartés des autres et continuons sans frontale. On joue au chat et passons en vision nocturne. Dans les passages vraiment techniques, on apprécie d’être rattrapé par les coureurs derrière nous qui ont sorti les frontales. On se dit qu’on est con. Parce que dans ces conditions, il est facile de se tuer une cheville. Mais tant qu’à être con, autant l’être jusqu’au bout. J’ai dans le viseur le chemin que l’on récupère après un court d’eau. Un chemin qui nous amène direct au cormet de roselend. Ma stratégie est rejoindre le chemin sans frontale, car après c’est sans danger. Idem pour le copain du moment. Notre balade nocturne va être plus longue que prévue et les quelques courageux venus nous acclamer avant le chemin sont tous surpris de nous voir arriver dans le noir le plus total. On arrive finalement au chemin. Le copain sort sa frontale. Je continue en vision nocturne. Nous sommes rapidement rejoints par d’autres coureurs qui ont eux aussi des frontales et il n’est pas nécessaire que je sorte la mienne. Je perds mon camarade du moment sur ce long chemin, car il s’arrête discuter avec un gars qui est venu l’encourager. Je me rappelle que l’année dernière je ne pouvais pas courir sur ce chemin. Cette année je trottine gentiment. J’aime bien l’idée d’aller mieux que l’année dernière… J’arrive au Cormet de Roselend à 21h33 après 15h33 de course (+1h45 vs 2014). J’avais répété des 10ènes de fois ce qui allait suivre. Dans ce ravitaillement surpeuplé, il faut passer en mode nuit. Et ça, je ne l’avais pas bien préparé l’année dernière. Mais cette année, ce sera différent. Je récupère mon sac (on a le droit à 1 sac acheminé par l’organisation) et m’installe sur un coin de table. Je sors la batterie de mon sac et mets ma montre et mon téléphone à recharger (Point important : sur la suunto ambit 3, le fait de la mettre à recharger alors qu’elle enregistre la course la met en pause….). J’enlève les chaussures et chaussettes et inspecte les pieds. Tout va bien. Je nettoie mes pieds et jambes avec des lingettes, mets de la Nok et enfile de nouvelles chaussettes. Je vire short et enfile un slip et un pantalon long (hiver…). Pas facile d’avoir un peu d’intimité. Tant pis. J’enfile une nouvelle paire de chaussures. Ca y est, le bas est prêt. En face de moi un couple s’était installé. Pendant que je me changeais, nous avons engagé la conversation. Ils voulaient abandonner. D’ailleurs, trois autres coureurs autour de nous étaient dans le même état d’esprit. Je joue au grand frère et leur dits de bien faire l’inventaire des bobos avant de prendre cette décision. C’est souvent dommage d’abandonner. D’un autre côté, nous avons une journée de course et il fait nuit et froid. Normal de ne pas vouloir y retourner. Je leur recommande de prendre leurs temps, de souffler et puis d’aviser. Mais surtout de ne pas prendre une décision sur le chaud (le spectre du fort de la platte passe dans mon esprit). Je continue de me changer. Passe au haut cette fois. Teeshirt, seconde couche hiver, bonnet et buff. La frontale est sur la table. Je profite de la présence de mes hôtes pour aller me chercher à manger. Je prends mon repas avec eux. Ils nous ont servi des pâtes avec du fromage. Ça fait du bien. Le repas fini, je recharge les gourdes et suis fin prêt. Dans la base vie, l’organisation fait passer les messages sur les bus pour les personnes voulant abandonner. Il y a tellement d’abandons que ce sera compliqué de rapatrier tout le monde. La priorité est donnée aux coureurs. Les accompagnants devront attendre. Moi je suis prêt à affronter la nuit. La sortie de la base vie me donne l’occasion de gouter au froid. Je suis transi 2 secondes. Mais rapidement, ma tenue bien dimensionnée me permet d’aller mieux. Beaucoup mieux que l’année dernière. Avant de partir, j’essaye de joindre ma femme. Ça ne marche pas. Pas grave. Petit pipi et c’est parti. Je branche l’ipod. Je suis bien. Je suis vraiment bien. Je ne peux m’empêcher de penser à l’année dernière. Dans cette partie, j’étais totalement HS, démotivé. Je ne pensais qu’à abandonner. Là non. Je suis content d’être là. Après le Cormet on a 330m d’ascension jusqu’au col de la Sauce. Mais elle se fait sur un chemin qui monte gentiment. Génial pour se mettre en mode nuit. Tout se passe bien. J’avance à bon rythme. On passe le col et on attaque la descente jusqu’à la Gitte. J’avais pu courir l’année dernière et je pense que j’avais lâché tout ce qui me restait d’ailleurs. Le passage dans le chemin aux Moines (passage taillé à même la pierre) est toujours aussi incroyable. Le bruit du torrent, la pierre, la nuit… C’est magique. Je suis avec le même groupe depuis un petit moment et nous trottinons gentiment. Je retrouve le même check point en pleine nuit juste après le passage : 2 bénévoles dans la nuit, auprès d’une palette qui flambe. Vu le degré d’humidité, ce n’est pas le point le plus sexy ! Merci les bénévoles !! On descend sur la gitte maintenant. Cette année, j’y vais tout en douceur. Je passe la Gitte à 0h41 après 18h41 de course (+2h30 vs 2014) Arrivé à la Gitte je prends la décision de dormir, ou d’essayer. Je me retrouve dans le refuge où nous avions dormi lors de la reco. Des lits nous attendent. Le luxe. Je me donne 10 minutes et m’allonge. La gentille bénévole me réveille après ces 10’. Mais je n’ai pas vraiment pu dormir. Peu importe, il est temps de repartir. Le programme est une montée de près de 700m sur 4km. Je me cale avec un groupe où un couple parle tout le temps. C’est normalement quelque chose qui me dérange, mais là, bizarrement, non. Je suis content d’avoir cette animation qui me divertit de mon effort. C’est la pleine nuit et nous montons doucement, mais surement. Pas d’arrêt. Je me rappelle que je n’étais vraiment pas bien l’année dernière dans ce passage. Là ça va. Ce n’est pas une partie des plus agréable : rien à voir, montée pleine pente, pas de répit. Et puis, au détour d’un virage, nous arrivons sur un chemin (piste). Nous passons facilement le col est de la gite. Avant de quitter cette vallée, je regarde en face, de l’autre côté de la vallée. Je vois les serpentins des lumières des coureurs qui descendent la montagne vers la Gitte. Ils sont loin et je me dis qu’ils vont probablement se faire éliminer avec la barrière horaire. Je me projette à leur place. Cela doit être difficile de courir contre la montre dans ces moments. C’est la course. Au fond de moi, j’ai de la compassion pour ces coureurs. Après ce col, le chemin descend rapidement. Les souvenirs de l’année dernière sont très vivants. Je me souviens que dans ce chemin, la brume était tombée jusqu’à hauteur de mi-jambe. Compliqué, car nos lampes réactives (Petzl Nao par exemple) réagissent mal à ces configurations : le flux lumineux éclaire la brume. La lampe le détecte et diminue instantanément en intensité. La seule façon d’y remédier étant de passer en éclairage permanent. Mais là rien de ça. Pas de brume. Le ciel est clair. Je suis super bien et en profite pour trottiner. Quel contraste avec l’année dernière ! Et ce n’est pas fini. Nous arrivons à l’endroit même où j’ai été « tué » en 2014. Le mot n’est pas trop fort. Un peu avant le col joly, il y a un raidillon à franchir. On le voit bien dans la nuit par le serpentin des frontales des coureurs qui sont en train de grimper. J’étais totalement épuisé l’année dernière à ce point de la course. Et lorsque j'ai vu ces frontales monter dans la nuit, j’ai craqué. Je me suis littéralement et physiquement effondré. Le copain Alan avec qui je courais depuis le départ n’arrivait plus à trouver les mots pour me motiver. Je m’allongeais au sol. Me cassait la figure en glissant dans la boue. La déchéance. Et bien pas cette année. Au contraire. Je vois le passage avec envie. J’essaye de me projeter mentalement le parcours sur la base des lignes de lumière. Je monte avec envie. Dingue. J’avais fait ce passage de jour et l’avais trouvé sublime : un chemin à flanc de montagne. Avec des passages vraiment techniques. Des difficultés à escalader. L’année dernière ils avaient mis la musique à fond au col joly de sorte qu’on l’entendait dans toute la montagne. Là rien. Le silence. La respiration des coureurs et les bâtons qui cognent sur les pierres. Fantastique. Le ciel est totalement dégagé et constellé de milliers d’étoiles. Les montagnes sont éclairées par la lune. Franchement un grand kiff. Je double pas mal de coureurs qui sont moins bien. Je m’accroche avec un espagnol qui ne veut pas me laisser doubler. Je trouve ça con, mais peu importe. Tant qu’il court à mon rythme, cela ne pose aucun problème. Je finirais d’ailleurs par le doubler un peu avant le refuge. Refuge où j’avais abandonné l’année dernière. Je vois l’endroit où je me suis agenouillé en pleur pour appeler ma femme. Je passe à côté de cet endroit et bombe le torse. Pas cette année. Pas une nouvelle fois. J’arrive au col joly à 4h du matin après 22h de course. Même si j’ai vraiment bien vécu le passage après la Gitte, j’ai encore mis plus de temps que l’année dernière… J’étais arrivé à 2h22 du matin, mais la course était partie 1h plus tard. Et j’ai abandonné à 2h48. Mais cette fois, après un bouillon, du pain et du fromage (ca se répète !), je repars. Je suis en 1011ème position. Environ 500 places de plus que l’année dernière… Sur la partie après la Gitte, j’ai senti la fatigue. Plusieurs fois j’ai baillé en courant. Je voulais dormir au col joly mais la configuration de la base vie ne m’a pas paru idéale. Donc, je me suis dit, on verra ça aux contamines… La suite est une longue descente jusqu’aux contamines. J’avance très prudemment, les cuisses font mal. Je prends mon temps. Je me souviens de cette partie lors de la reco de 2014. J’avais même chuté. C’est une longue descente qui passe en sous-bois, avec racines apparentes ainsi que des pierres. Nous sommes à la veille de la levée du jour et l’humidité est forte. Et surtout, dans les sous-bois, il fait nuit noire. La fatigue commence à me marquer. Les ombres formées par nos lampes dessinent les contours d’animaux inquiétants. Lorsque je colle le coureur de devant, les réfléchissements de ma lampe sur les bandes fluorescentes de son sac me restent longtemps dans le regard (persistance rétinienne). Je double un peu dans ces passages me sentant plus à l’aise que d’autres coureurs. La fatigue est très présente. Je pourrais presque m’allonger par terre et m’endormir. Je le sens. Je sors du bois vers les 5h30. Je passe devant le refuge de Nant Borrant où nous avions bu un magnifique chocolat chaud lors de la reco. Je sais qu’il y a un point d’eau dans le jardin, mais je n’ai pas besoin d’eau. Devant le refuge, une personne (homme ? femme ?) emmitouflée dans sa doudoune s’installe pour nous encourager. Incroyable.. On récupère le GR Tour du Mont Blanc. C’est un chemin dégagé couvert de large et longue pierre plate. Je combine marche et trottinage. Avec une nette dominante pour la marche… On croise un coureur qui monte à bon rythme dans la montagne. Ben oui, la vie continue pour les autres ! Je passe devant la chapelle Notre Dame de la Gorge. Je l’avais trouvée superbe l’année dernière. Là, je ne la regarde même pas. Je sais que nous avons un long chemin plat jusqu’aux contamines. Le chemin longe le « bon Nant », un torrent bien actif. Beaucoup d’humidité et une température fraiche. Cette partie est longue. Je me souviens de ma conversation avec Agnès Hervé lors de la reco. C’est une jeune femme très simple et vraiment sympa. Lors du premier soir, avant de courir, nous avions fait un tour de table pour faire connaissance. Moi je découvrais la montagne. D’autres avaient déjà pas mal de grosses courses à leurs actifs. Et on arrive au tour d’Agnès. Timidement, et surtout parce que Vincent (Delebarre) lui avait demandé, elle nous avoue… avoir gagné la TDS. Ben voyons. On a parmi nous la première féminine de je ne sais plus quelle édition de la TDS. Avec l’ambition de la regagner cette année. Ah oui, dit comme ça, je confirme que le groupe est vraiment hétérogène ! Bref, j’en reviens à mon arrivée sur les contamines. Et bien, justement, lors de la reco je trottinais avec Agnès sur cette partie (je vous rappelle que nous dormions tous les soirs et que le parcours avait été fait en 3 jours, grosse différence avec la course dont j’ai le plaisir de vous narrer en longueur le récit). Et sur ce long passage, je me souviens très bien de ses paroles : « cette partie il faut la courir tranquillement, sans forcer, à 11 /12 kmh ». Replacé après près de 24h de course, je suis beaucoup plus proche des 5/6kmh ma chère Agnès… Je lève la tête. Je commence à voir le ciel passer de bleu nuit à bleu foncé. Je jour va se lever. Je me rappelle avoir eu la même vision la veille, avant le départ. Il est donc près de 6h… Cela fait 24h que je cours… Les Contamines. La ville dort, mais il y a quand même quelques badauds. Et tous nous applaudissent, sans exception. Merveilleux. J’ai dans ma tête les deux difficultés qui nous attendent : le col du truc et le col du tricot. J’avoue une vraie incertitude sur ma capacité à franchir ces murailles. J’arrive au ravitaillement à 6h24. J’ai bien tourné et grappille quelques places. Je suis en 967ème position. Le ravitaillement est vraiment grand. Je prends quelques secondes à comprendre son organisation. Je vois ce que je cherchais : une croix rouge. Je fonce voir les infirmiers. Derrière eux, il y a au moins 15 à 20 lits et 5/6 personnes dédiées. Sacrée logistique. Je salue le bénévole qui vient à ma rencontre et lui demande s’il est possible de dormir. Je suis vraiment crevé. Il me répond tout de suite bien sûr et me demande le temps que je souhaite dormir. Il met son minuteur sur 15minutes. Je m’allonge sur un lit de camp recouvert d’une couverture de survie. Il me donne une couverture que je place sur moi. J’ai juste enlevé mon sac. Je prends un sporténine et m’allonge. Je pense que je me suis endormi instantanément. Au réveil je suis dans le pâté. Un coureur à côté de moi est dans le même état. Je prends 1’ avant de me lever. C’est dur, mais beaucoup moins qu’on pourrait l’imaginer. Super la sporténine… Je m’alimente selon mon régime classique : bouillon, pain et fromage. A table je suis en face d’un coureur. Au micro, le responsable de la base indique qu’une navette pour Chamonix va partir. Mon compagnon du moment m’indique qu’il veut monter dans la navette. Je le regarde et lui indique que je trouve vraiment dommage d’abandonner si près du but. De quoi je me mêle ? Je ne suis même pas convaincu de franchir ce qui m’attend ! En fait, bizarrement, je pense que je cherche à me convaincre que je ne suis pas capable de ce dernier effort. Mais, au fond de moi, je sais qu’il n’y a aucune autre alternative. Et c’est cette voix qui a exprimé à ce courageux coureur le fait qu’il fallait continuer. Surtout après avoir déjà avalé 95k et 5800m. Le jour est levé maintenant. Il fait beau. Lecture des messages Face de bouc, quelques sms et je me dresse sur mes jambes pour affronter truc et tricot. La sortie des Contamines est juste incroyable. Rien. Rien de rien. Aucune douleur, aucune courbature, aucune difficulté. Comme si je venais de passer une nuit complète, douche comprise. Dingue, dingue et dingue. Avant la montée au Truc, j’appelle ma chérie. Je la réconforte, elle fait de même. Nous chuchotons, car la petite Zoé est venue dormir à côté de sa maman. Elle dort. Je pense à elle, à son innocence. Les larmes me montent aux yeux et… me bloquent la respiration. Quel con, pas déjà ! Le téléphone sonne, c’est Matthieu. Il s’excuse de me déranger ! Tu parles mon pote, tu es le bienvenu ! Nous échangeons quelques mots. Je lâche « je vais essayer de me bouffer le truc et le tricot ». La réponse est celle que j’attendais, je pense : « tu n’essayes pas, tu te fais le truc et le tricot ». Car oui, il a raison l’ami. Et il me le dit : tu tiens ta course. Tu vas la finir, il n’y a rien d’autre possible. Putain oui, c’est vrai ça. Je tiens ma course. J’attaque l’ascension du col du Truc. Ca grimpe fort. Mais, et franchement c’est vrai, j’ai l’impression d’avoir mes jambes du départ. Ca grimpe bien. Je veux même accélérer. Bon, sur le fonds, on sent bien la fatigue quand même alors je ne joue pas au con. Devant moi, deux femmes serpentent sur le chemin, pour diminuer la pente. Très théorique. Je suis bien, vraiment bien. On quitte le chemin et attaque une partie en sous-bois. Cette montée du col du Truc se déroule vraiment tranquillement. On arrive au chalet, des images de la reco me reviennent. Il faisait beau et chaud. Là, c’est un peu différent. Le ciel est cotonneux. Je suis surpris, car m’attendait à voir un grand et beau soleil. En fait, il est encore de l’autre côté de la montagne. De ce côté du versant, nous sommes dans son ombre… Avant d’aborder le Tricot, on a une petite descente à se faire. Le chemin est très creusé et franchement technique. Pas simple de le courir avec la fatigue que nous emportons alors j’y vais vraiment prudemment. Le Tricot maintenant. La bête. Le truc épouvantable à ce moment de la course. On passe les chalets de Miage et envisageons ce qui nous attend. En tout juste 2 km, on va se prendre plus de 560m de dénivelé. On est à presque 30% de moyenne. Après 100 bornes. C’est méchant de chez méchant. Je commence doucement, très doucement. Je fais une première pause après quelques minutes. La vache, c’est dur. Et puis, je ne sais pas pourquoi, je me prends un stress dingue et me disant que je risquais de faire péter une barrière horaire. A l’ instant où j’écris le compte rendu, je suis incapable de me souvenir le raisonnement que j’ai tenu. Du coup j’ai pris un wagon qui passait à ce moment-là et me suis collé au train d’un coureur. Très lent, comme moi, mais régulier. Exactement ce qui me manquait. Et l’on va monter doucement, mais surement ce col du tricot. A mi-parcours des coureurs derrière nous râlent : laisser nous passer ! Ma locomotive répond sèchement qu’ils n’ont qu’à doubler. Et c’est vrai qu’il y a de la place. L’effort est important, à cause de la pente, mais on n’est pas obligé de se pousser. Au ton de mon voyageur, je comprends que nous en sommes dans le même état d’esprit : on souffre vraiment. Quelques coureurs nous doubleront. Je me retourne et regarde mon suivant direct. Je lui pose la question de savoir s’il veut doubler. Il me répond dans un souffle que non, surtout pas, il s’accroche à moi ! Ben je suis pareil avec mon compagnon juste devant moi. Cette montée est vraiment méchante, je m’en souviendrais. Nous arrivons enfin au col. Bizarrement plus rapidement que je ne le pensais. Je me précipite et serre la main de ma locomotive. Je le remercie, car il m’a « tiré » jusqu’en haut. On sympathise rapidement et je file dans la descente. Je passe le Tricot à 9 :32 soit après 27h32 de course. A cet instant je sais que la course est faite. Mais, j’ai toujours en tête un risque sur la barrière horaire. J’essaye de courir après le Tricot, mais le chemin est trop technique. Je suis aussi un peu cramé. Je n’insiste pas et descends prudemment en attendant un terrain plus propice. Lorsqu’il se présente, je trottine ce qui me permet d’atteindre Bellevue à 10 :36 (28h36 de course). Avant Bellevue, le passage des passerelles de Bionnassay est juste dingue. A ce moment je sais que j’ai ma course. Il faudrait vraiment un drame pour que la fin ne soit pas celle dont j’ai rêvé depuis 2 ans. Je passe le contrôle. Je suis hyper joyeux. En plus, le soleil est de nouveau là. La montagne est sublime. Je termine une course archi dure.
    • 27.8.2015
      26.8.2015
    5.7.2015
    • Trail running 14:56'59.1 Average heart rate 111 bpm, 73.00 km
      Cinquième crime : l’orgueil Bizarre de commencer un récit d’une course par un paragraphe du superbe film de David Fincher (Se7en). Si vous avez le courage de le lire, vous comprendrez pourquoi ! La TGV (Tour des Glaciers de la Vanoise). On me l’avait vendue comme un très beau trail. Mensonge ! C’est sublime ! Pralognan la Vanoise est, comme son nom l’indique, un petit village du massif de la Vanoise, en Tarentaise (Savoie). Merci à Wikipédia, il comptait 740 habitants en 2012 (soit à peu près le nombre d’inscriptions sur la seule TGV…). Pour les skieurs, on est à côté de Courchevel et des Ménuires et pas très loin (vol d’oiseau…) de Tignes ou de La Plagne. Je précise, pour le futur, le contexte météo exceptionnel de ces premiers jours de juillet 2015 : la canicule. Les derniers messages de l’organisation faisaient planer le risque d’annulation. Pralognan est à 1400m d’altitude et les températures annoncées par météo France étaient comprises entre 18° et 30° avec un grand soleil. Chaud, chaud, chaud. Le départ est fixé à 3h30 dimanche matin au lieu de 4h. Durant le briefing d’avant course le samedi soir, l’essentiel des indications portait sur la sécurité, les signes d’une insolation et… le respect de l’environnement : avoir l’honneur de courir dans le premier parc naturel de France à de nombreuses contraintes. À commencer par le balisage : ultra light ! (décision est prise de charger le parcours dans la suunto, sage décision qui m’aura rendu service durant la course). Je retrouve en soirée l’ami Matthieu Folscheid avec deux de ses amis. Un de ces amis sera avec Matthieu et moi sur la TGV. Nous anticipons la course et échangeons sur le lieu, Matthieu le connaissant bien, mais aussi sur notre saison. Ce sont des moments privilégiés où finalement tout le monde à le même centre d’intérêt ! Matthieu nous annonce une course de toute beauté, dont le parcours ne serait pas très technique (on verra que cette affirmation n’engage que ceux qui la crois) et dont la dernière ligne droite très roulante sera probablement très chaude, car se trouvant dans une cuvette… Super ! Après un diner traditionnel (pâtes bolognaises… super, j’ai mangé la même chose le midi !), vérif ultime du sac et de l’équipement, direction le dodo un peu avant 22h. Dimanche matin. Levé à 2h15, dur dur. On se retrouve avec le copain Matthieu et son collègue Sébastien sur le départ : l’avantage des courses à taille humaine. Fait notable : j’ai beau être frileux à la sortie du lit, il est 3h15 du mat, je suis en teeshirt à la montagne à 1400m d’altitude et il ne fait absolument pas froid… La journée va être chaude ! Quelques secondes avant le départ, l’organisateur nous annonce 430 partants. Et là, qu’est-ce qui se passe ? Un feu à main d’un rouge vif brille dans la nuit ? Alors quoi, c’est les templiers ? Pas le temps de réfléchir, pan, ça y est, la course est partie. Autre élément notable de cette course à taille humaine : quelques secondes à peine séparent le pan du début de la course… Quelques mètres dans le village et nous attaquons directement l’ascension vers le col de la Vanoise (2510m soit 1100m de montée). Bien de se taper environ 1/3 du dénivelé dès le début. Bien, mais bon. Rapidement j’ai senti que la machine ne fonctionnait pas parfaitement. Un peu comme si on m’avait donné une paire de lunettes qui ne seraient pas adaptées à ma correction. Vu l’heure, cela ne pouvait être le soleil. Je mets cela sur le coup du réveil. Laissons le temps au temps. Dans la montée, je prends le temps de tourner la tête derrière moi et découvre le long serpentin des lumières frontales dans la nuit. J’adore. C’est magique ! Mais ce qui l’est encore plus, c’est cette traversée du lac des vaches. Il fait encore nuit (il est 4h40), mais il commence à y avoir un peu de lumière. Imaginez-vous : un long lac, plus de 400m je pense, que vous traversez par le milieu, dans sa longueur, grâce à un chemin de pierre plate. INCROYABLE ! Dans la nuit je souris. Ce sera la première d’une longue série d’une pensée récurrente : « merci de me donner l’occasion de voir cela. J’ai de la chance ». Bon, en réalité, je n’ai pas eu beaucoup cette pensée dans l’après-midi… Cette grimpette se fait sans trop de problèmes, heureusement, et on arrive rapidement au refuge de la Vanoise. À tout seigneur, tout honneur, c’est le premier refuge du parc … Je découvre un ravitaillement à taille humaine : 3 ou 4 tables pliantes installées, quelques victuailles et de l’eau. Il y a ce qu’il faut, mais pas plus. Finalement, c’est parfait et tout à fait dans le cadre. À ce stade nous n’avons que 8k dans les pattes. Je mettrais 1h36 pour cette ascension et passe à 5h06. Je repars doucement. Et là. Là. Alors, vraiment… Magique ! On arrive dans un corridor de montagne à la Point de la Réchasse. Imaginez vous seul, dans la montagne (les espaces commencent à ce créer entre les coureurs), à courir dans un cadre somptueux, avec des lacs en pagaille (Lac rond, lac du col de la Vanoise…).. Dingue ! De nouveau je souris dans la nuit. Je suis vraiment heureux. Je sens que j’allonge la foulée, mais veux me faire plaisir. Et pourtant. Pourtant, lorsque je regarde la montre, le cœur pulse à 150 voir plus. En temps normal, à ce rythme, je devrais être à 136. Qu’est-ce qui se passe ? Je ne vais pas le diagnostic encore. Pourtant c’est évident à postériori. Surtout en lisant les cartes IGN dont je me sers pour faire ce compte rendu. Nous sommes à plus de 2400m. Eh oui, l’altitude. Pour le parisien que je suis, on n’est pas habitué. Et je vais en souffrir toute la journée. Je vous l’avais bien dit : orgueil… Quelques centaines de mètres après le ravito, je ne fais pas attention à une posée de pied et me tord méchamment la cheville gauche. Mon voisin de derrière ayant vu la gueule de la cheville s’inquiète. Moi aussi. Mais finalement je n’ai pas de douleur. Je continue au même rythme, mais en faisant attention. Le jour commence à se lever. Le terrain devient de plus en plus montagnard : grosses pierres sur lesquelles il faut jouer les équilibristes. Je m’amuse et j’ai la banane. Je doublerais quelques coureurs plus lents. J’accélère (très bête). Je me sens imbattable sur ce terrain. Et vlam ! Pour l’imbattable on repassera. Première vraie gamelle avec batons en vrac et François qui tombe au fond de pierre bien pointue à souhait. J’arrive à accompagner ma chute par une rotation d’épaules et évite le pire. Je me redresse et fais une inspection des dégâts. En dehors de griffure sur les jambes, et un amour propre blessé, aucun bobo sérieux. Ouf. Je repars très prudemment. Un peu plus loin, avant le refuge, dans une belle luminosité je suis seul. L’extase. C’est le moment que choisit un chamois pour traverser à une 30ène de mètres devant ma route. La maxi extase. Je voulais cela. Je crois que les courses de trail sont merveilleuses. Mais, personnellement, les sensations ne sont jamais aussi fortes que lorsqu’on a le sentiment qu’on est le seul à vivre l’instant présent. C’est naïf, j’en conviens et même égoïste. Mais que c’est bon. Un peu avant le refuge de l’Arpont, le chemin s’incline légèrement plus et nous entamons une belle descente. Elle est technique, comme il se doit, et nous devons sauter de pierre en pierre. Parfois il y a des filets d’eau, marquant la proximité avec les glaciers. Les pierres sont humides. Je ne me méfie pas. Dans les derniers instants, je saute sur une pierre et vois mes deux pieds glisser. Je tombe massivement sur mon arrière-train. Le choc est violent. J’ai le souffle coupé. Je me suis fait mal. Cette fois de façon plus marquée. Mince, et nous n’en sommes qu’à 21k…. J’arrive au refuge de l’Arpont dans une lumière naissante : le jour se lève. C’est magique. Là encore, ravitaillement à la taille de la course. Je pose mon sac pour recharger en eau. Je constate alors que j’ai du sang plein les mains et sur le sol. Je fais l’inventaire. Je me suis blessé aux doigts dans ma chute. Rien de grave, mais cela va être pénalisant pour tenir les bâtons. Seule la main gauche est impactée. Je passe au refuge à 7h12 soit 3h42 après mon départ. J’ai ½h d’avance sur mon timing prévisionnel. Mais les deux chutes, en particulier la dernière, ont entamé mon capital confiance. Je repars du refuge après une pause technique et avoir rangé ma frontale. Le terrain est en descente et je m’engage dans cette partie tout en douceur. J’ai environ 16k à faire avant le prochain CP. Ce ravitaillement marquera le milieu de course environ et sera une étape décisive. Pour moi et de nombreux coureurs. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette partie. Je suis marqué : les chutes, l’altitude (nous ne ferons qu’une très brève incursion sous 2200…), la chaleur qui commence à monter (ma montre enregistre 26° après 4h de course et la courbe de la température sera croissante pour atteindre 33° enregistrés à 14h. Je ne sais pas dire qu’elle serait la correction à apporter pour la température corporelle, mais j’aurais tendance à dire qq chose comme 5°)… Notre route nous conduit à une immense arène naturelle. C’est magique. Imaginez-vous dans un immense amphithéâtre avec le chemin qui part sur la droite. En face de vous, le vide et, tout au loin, le chemin qui a décrit un demi-cercle. On trottine gentiment, parfois je marche. Je sens que, déjà, je ne peux plus courir tout le temps ces parties pourtant sans difficulté. La course va être longue. À l’issue du cet amphithéâtre naturel, nous abordons une descente fort sympathique. Un single qui serpente à flan de montage dans un cadre visiblement réaménagé par l’homme. Mais c’est du bel ouvrage. Le chemin est clean et se court facilement. Un accent a été mis sur la flore. C’est beau. Au milieu de cette extase, je constate que mon niveau d’eau à trop baissé, je suis à sec ! Je ne sais pas combien de k il me reste avant le ravitaillement, probablement peu, et commence à m’inquiéter. Hors de question de rester un instant sans boire. Je m’interroge sur ma volonté de demander à l’aide aux autres coureurs. Pas terrible quand même. J’en oublie presque le milieu naturel dans lequel je me trouve ! Je suis heureusement rappelé à la réalité à l’occasion d’une petite chute d’eau que nous traversons. Nous en avons et aurons l’occasion d’en traverser de nombreuses d’ailleurs ! J’étais réfractaire à l’idée de me servir de cette eau. J’ai en souvenir les leçons apprises lors de la reco de la TDS l’année dernière : bien faire attention au terrain qui se trouve avant le cours d’eau. Si c’est une plaine avec un potentiel de vaches ou autres animaux, ne surtout pas boire (risque de présence de matière fécale dans l’eau). Là c’est pleine pente à perte de vue. Cela me semble bon et de toute façon je ne peux pas prendre le risque de la déshydratation. Je remplis une gourde. Hummm. De l’eau de source bien fraiche. Je bois copieusement en sachant pertinemment le risque que représente une eau glacée pour les intestins. D’ailleurs, comme si cela était nécessaire, j’ai immédiatement un rappel gastrique. Je lève le pied sur la boisson et continue ma route. Le reste du chemin pour atteindre le refuge de plan sec, CP3, est long et monotone. Il se termine par un chemin routier qu’il faut grimper pour atteindre le refuge. À cette occasion je me rends bien compte que toute ascension est compliquée pour moi. Le rythme est considérablement ralenti et je souffre. Et nous en sommes qu’à la mi-course…. Au CP3 nous avons le droit à un vrai festin. Le refuge, déjà, de toute beauté. Il y a toutes les victuailles rêvées. Et même de la soupe que je reprendrais 2 fois. J’arrive au refuge à 10h13 soit après 6h40 de course et ¼ d’heure d’avance sur mon temps prévu. Mais je sens que je suis marqué. Je fais une pause téléphone, sms et facebook. Puis repars sans trop attendre. Comme toujours, et malgré un chemin en descente, j’opte pour la marche. L’objectif est de bien installer le déjeuner dans le ventre. Les distances entre les coureurs sont de plus en plus marquées. Je me fais doubler de temps à autre. Je ne double personne. Nous arrivons sur le plan d’amont, un lac artificiel avec un barrage. La verdure est généreuse et il y a de nombreux troupeaux. Je découvre le troisième ennemi de la journée (1/ Altitude 2/Soleil + Température) : les mouches et autres taon. La vache (c’est le cas de le dire !). Il y en a des tonnes ! Je croise un coureur assis sur le bas côté qui se repose et lui pose la question de savoir si lui aussi est em… par ces mouches. Réponse oui. Bonne chose, ce n’est pas à cause de la gentille odeur corporelle que je dégage que je me suis fait toutes ces amies… Je soulignais les distances entre les coureurs. En fait, et je l’apprendrais a posteriori, il y a eu plus de 50 abandons au refuge du Plan Sec : près de 12% des coureurs… De l’autre côté du plan d’Amont, avant de découvrir le plan d’aval, nous avons le droit à un spectacle magique : deux cours d’eau (le ruisseau des chaix et le ruisseau de la fournache) qui « tombent » en cascade dans le plan d’eau. Waoouuuu ! Au passage du col du Barbier, je suis avec un couple dont l’homme connaît visiblement bien la région. Il précise à sa compagne que le point haut et un petit chalet que l’on voit devant nous et qu’après c’est pleine descente. Chouette, je vais pouvoir me refaire. L’arrivée jusqu’au chalet sera longue, mais aucun signe de crampe. Je suis juste fatigué et je n’ai pas grand-chose dans les jambes. Nous passons le chalet Barbier. Mon esprit divague et je me dis combien cela doit être grand de se réveiller au lever du soleil après une nuit dans ce chalet, seul au monde et face aux montagnes. Double Waouuu… Effectivement après c’est une longue descente dans des singles. Mais le terrain est technique et, compte tenu 1/ des gamelles passées 2/ de mon état de fatigue, je ne lâche rien du tout et descend prudemment. Le chemin emprunte la forêt. Nous découvrons une nouvelle course tout en sous-bois. Magique bis. J’ai beau être crevé et avec une furieuse envie d’en terminer, je reconnais que ces moments sont juste dingues. La distance entre le CP3 est CP4 n’est que de 12 km. J’ai beau avoir chargé à bloc mes bouteilles (1,5l), je sens que je ne vais pas terminer mon eau avant le CP4. Une fois encore, la nature vient à mon secours. Au détour d’un virage, une petite fontaine est aménagée dans un tronc d’arbre taillé à cet effet. L’eau est d’une clarté incroyable. Je ne prends même pas le temps de faire le check environnemental. Au fond du « bac » il y a des petits morceaux de roches très argentés. Certainement une concentration dans les roches d’un métal ferreux. On dirait de l’argent ! La combinaison de cet « évier » en bois naturel, de la forêt et de cette eau limpide qui coule me fait penser aux chercheurs d’or… Je plonge la tête dans l’eau. Wouaaa (ter). Je remplis mes gourdes et repars. Encore de l’eau fraiche, quel pied ! L’arrivée au CP4 se fera après quelques raidillons qui piquent bien. Avant d’arriver au Col de l’Orgère, j’appelle ma petite femme. Je suis inquiet sur la suite. Je me sais fatigué et la dernière ascension paraît brutale sur le papier : nous devons prendre plus de 800m d’ascension pour passer un point haut à près de 2800m d’altitude. Elle m’apporte soutien et réconfort. De toute façon je n’ai pas vraiment le choix. Abandonner ici ne ferait pas sens. J’arrive au CP4 à presque 13h de l’après-midi. À quelques minutes près, je suis dans mon temps prévisionnel (4’ de retard). Mais je suis séché. Je prends de l’eau et un bout de pain. Je m’arrête juste après le refuge, avant l’ascension, pour manger mon bout de pain. Arrive un coureur qui vomit tout ce qu’il peut. Je lui suggère de s’asseoir et d’attendre un peu. Il m’indiquera que cela fait plusieurs kilomètres qu’il ne puisse plus rien avaler, liquide ou solide. Mince, cela ne va pas être simple. L’histoire fait que nous terminerons ensemble une bonne partie de la course, du moins l’ascension. Lui vomissant régulièrement, et moi faisans pause sur pause. Super binôme. Je me redresse et attaque l’ascension. Ça grimpe fort en plus. J’espérais que non, mais bon, faut faire avec. Je compte les mètres grimpés et décompte ce qu’il reste. Plus que 700m, 600m… Le fait des pauses régulièrement. Les coureurs me doublent. S’inquiète, sympa, ou plaisantes, sympa aussi !. Je fais des photos, c’est beau. J’envoie des messages. Cette montée est interminable. À un moment donné, nous arrivons dans un cirque naturel. En face de nous, les montagnes forment un mur infranchissable. Ma montre m’indique 200m d’ascension restante. Ça ne peut pas être ça ?!? Mon ami de galère, Denis en l’occurrence, souligne voir des coureurs monter pleine pente dans la montagne. Nous croisons des randonneurs qui nous confirment la thèse de mon ami d’infortune. Mince de chez mince. Il nous pointe un névé dans la montagne et visiblement il y a des coureurs qui passent à ce niveau. J’suis myope et ne vois rien. Je pense que je ne veux rien voir en fait… On avance. De nouveau de nombreux arrêts. À l’occasion d’un de ces arrêts, je reconnais un visage… Mouloud ! Un coureur avec lequel j’avais fait la reco de la TDS l’année dernière. Comme le monde est petit. Nous discutons rapidement. Je suis à l’arrêt et il a encore le courage de continuer. Le chemin est lunaire, très minéral. On arrive enfin aux névés. On se frotte bras et visage avec de la neige pour se rafraichir. Comme cette ascension est difficile ! Quelques mètres avant le col, en plein névé, deux gendarmes encadrent un coureur. Tout le monde est accroupi. On comprend rapidement ce qui se passe : un hélicoptère arrive et va évacuer le coureur. Je filme avec l’iphone. Impressionnant. J’apprendrais après coup que le coureur était frappé d’insolation et qu’il vomissait sans fin. Un peu comme mon ami Denis qui lui continue. Dingue. Enfin le col. Magnifique, comme à chaque fois. Au sommet je m’inquiète de la barrière horaire. Les gendarmes m’indiquent que j’ai jusqu’à 21h pour franchir la ligne d’arrivée. Bizarre. Il fallait franchir le Col de l’orgere, CP4, avant 15h. Après cela, l’organisation nous offrait 6h pour franchir la ligne d’arrivée. Bon, je ne m’inquiète plus, car il est 15h39 et j’ai en tête une dizaine de k à parcourir avant l’arrivée. De l’autre côté du versant que nous venons de gravir, tout est presque blanc. Une descente technique nous attend dont une grande partie sur de la neige. Pas simple de courir dans la neige avec nos chaussures ! Je le redis : c’est magnifique. Arrive un passage que je n’arrive pas à retrouver sur internet. On arrive dans une sorte de petite plaine, je dirais 1 terrain de foot environ. Tout en pierre. Et là, des dizaines et des dizaines de cairns sont dressés. Certains représentent des corps humains qui se reposent. D’autres des figures diverses. Incroyable ! On traverse ce paysage insolite au petit trot. Cela sent la fin. Nous arrivons au refuge de Péclet Poiset sans difficulté. Le refuge est accueillant. Je retrouve des camarades avec lesquels j’avais échangé lors de mes arrêts dans l’ascension du col de chavière. Mais je suis pressé d’en terminer. Je me fais un rapide « sandwich » : des morceaux de fromage dans une tranche de saucisson… Je suis passé au refuge à 16h19 soit 12h50 après le départ. J’aurais dû passer à 15h. J’ai perdu 1h19 dans l’ascension. No comment ! Je repars. Maintenant j’ai devant moi un long chemin routier de montagne. De la terre plate qui se court facilement. En partant, les bénévoles du refuge m’indiquent 12k. Mince, je pensais que nous en aurions pour moins de 10k. Pas grave. Je pars au petit trot après avoir mis la musique du film Rocky dans l’ipod. Je sais, c’est cliché, mais bon. Ben vla ti pas que je commence à avoir les larmes. Toutes les émotions de la course ressurgissent. Je suis fatigué et me laisse aller. Je pense à ma femme et mes enfants. Ils ont été ma force durant cette journée. C’est l’image positive forte qui me permet de continuer lorsque je suis crevé et que je pense à l’abandon. J’apprécie cet instant de solitude, avec mes émotions. Seul dans la montagne. Fort. Et en route pour l’arrivée. Je suis rejoint par un camarade de course. Nous discutons. Mais la route est longue et je suis crevé. Je lui dis de continuer, car je vais marcher un peu. Et j’ai marché un peu, beaucoup, énormément. J’ai essayé de reprendre la course à plusieurs reprises, mais après à peine 100 ou 200 m je suis contraint de marcher de nouveau. Le chemin n’en finit pas. Les pieds me brulent. Je sens une ampoule sur chaque pied. Merde. Il faut qu’ils tiennent. Comme j’ai la trace dans ma montre, je sais précisément la distance qu’il me reste. Et les mètres défilent vraiment tout doucement lorsqu’on marche. Je me ferais doubler par une dizaine de coureurs durant ces longs, longs moments. La route n’en finit pas. Je trouverais cette étape totalement interminable… À environ 1k de l’arrivée, dans un chemin en forêt, je vois un coureur allongé au sol avec 2 personnes. Il est HS. Je lui pose immédiatement la question de savoir s’il a besoin d’aide, s’il veut que j’appelle l’organisation. Les personnes présentes m’indiquent l’avoir déjà fait et attendent avec lui les secours. Je suis tellement concentré sur ma course que je n’ai pas intégré leur existence dans mon raisonnement. Pour moi il y avait 2 coureurs. 2 gladatieurs qui venaient de mener un combat de taille. Je ne sais pas s’il arrivera à passer l’arrivée. J’espère sincèrement pour lui. Car abandonner ou être arrêté à 1km de l’arrivée après une course comme celle-là c’est rude ! Nous arrivons enfin à pralognan. Un coureur arrive à ma hauteur et se met à marcher. Il est aussi HS. Je le reconnais, car nous avions discuté dans l’arène avant d’arriver au refuge de Plan Sec. Il m’indique vouloir conserver l’énergie pour courir les derniers 300m. On le fera ensemble. Pralognan nous applaudit. Nous ne sommes pas nombreux, mais tous se retournent. J’ai vraiment le sentiment d’être un survivant. Pourtant notre performance est très modeste. Mais je ne me souviens pas avoir ressenti cela par le passé. Nous arrivons sur la ligne d’arrivée. Mon camarade des derniers mètres veut que je passe en premier. Sympa. On se serre chaleureusement la main. Nous avons terminé. Il est 18h27. J’ai mis environ 15h. 1h40 de plus que prévu. Une semaine après cette course, au moment d’écrire ce compte rendu, quelles sont les leçons que je tire de cette course ? Plusieurs ! En quelques points : - avec le plaisir, on peut déplacer des montagnes ; - les courses en montagne sont très différentes des autres courses de trail : je voudrais conclure rapidement et dire plus dure, à cause de la surface, de l’altitude ou encore des variations climatiques ; - je sais gérer mon hydratation maintenant, même dans des conditions extrêmes. L’alimentation est un sujet et ma stratégie fromage tuc, c’est-à-dire salé, lors des ravitaillements et sucré ailleurs n’est pas idéale lorsqu’il fait chaud, très chaud. - L’humilité est clé dans ce genre de course. Même bien préparé, la quantité d’imprévu est hallucinante. Il faut avant tout savoir s’adapter. C’est la clé. - Si ma mécanique corporelle est franchement sympa (aucun problème articulaire, aucune douleur, des chevilles qui tiennent bien…), mon organisme était fatigué. Le stress du boulot, le cumul des épreuves (maxi race 1 mois avant, raid de la boite 15 j avant) étaient de trop. Je n’ai pas écouté mon corps. Il faut maintenant que je pense à Chamonix fin août. La TDS m’attend. Durant cette course, à de nombreuses reprises, je me suis dit que c’était trop pour moi et que je n’y arriverais pas. Maintenant que je me suis un peu reposé, je n’ai qu’une envie c’est de me confronter à cette TDS. À avoir ma revanche. Mais attention : ne pas refaire la même erreur. Je partirais méfiant avec mes meilleurs alliés : ma femme et mes enfants. Je les emporterais dans mon esprit, car ce sont eux mes forces.
    • 4.7.2015

      L'avant course...

      12.7.2015

      Le lac des vaches

      5.7.2015

      Le jour se lève sur le refuge de l'Arpont

      5.7.2015

      Quelque part après CP2

      12.7.2015

      Le refuge de plan Sec

      5.7.2015

      Après Plan Sec, vue sur le Plan Amont

      5.7.2015

      Quelque part après CP3

      5.7.2015

      La descente après le col Chavière

    30.5.2015
    • Trail running 15:40'57.8 Average heart rate 119 bpm, 105.5 km
      MaxiRace 2015 : le touriste fait sa course… Ces derniers temps je n’avais pas vraiment la tête à mes courses. La conséquence directe de cet état était un manque de plaisir et de ressenti lors des sorties. Néanmoins, les indicateurs physiques étant au beau fixe, je partais détendu et curieux de ce que je pourrais donner sur cette magnifique épreuve. Très détendu même. Arrivé à Annecy, premiers constats : il manque la casquette et la ceinture cardiaque. Dehors, 26° et un beau soleil nous attendent. Bref, je suis bon pour faire fumer un peu la carte bleue lors des retraits des dossards. Le premier contact a été avec la ville d’Annecy : que c’est beau ! Merveilleux même avec la combinaison du lac et des montagnes (moyennes, mais montagnes quand même…). J’arrive à contrôler la petite famille qui souhaite faire du pédalo après le retrait des dossards (m’enfin, ya quand même 85bornes et 5300m de dénivelé à se faire demain !), mais nous passons l’après-midi à nous promener dans Annecy et faire des courses. Parfait pour les jambes… Départ 5h du matin, samedi 30 mai 2015. Il fait frais, mais pas froid. J’ai opté pour un teeshirt, une veste coupe-vent sans manche, des manchons et le short. Dans le sac, plein de barres isostar qui ressortent bien classées dans le test de Nicolas Aubineau (je vais découvrir les barres durant l’épreuve, le truc à ne jamais faire…) et surtout une flopée de stick pour boissons. Je me place modestement dans le sas des moins de 18h30, c’est-à-dire le dernier sas.. Mais étant arrivée de bonne heure, je serais au début de cette dernière salve. Modestie et humilité : maitres mots de cette course. Pan ! le départ est donné. Fumigène et musique rappellent les templiers. En moins impressionnant. Les premiers kilomètres au travers Annecy me rappellent ma balade familiale de la veille. Il fait nuit, mais je n’allume pas ma frontale. Nous sommes très nombreux et je n’ai pas de problème pour voir ma route. Nous quittons rapidement le plancher des vaches pour aborder l’ascension du Semnoz. Les bâtons sont dans la main. Approche modeste. Je monte doucement et sans forcer. Au premier point de contrôle, après le croisement de la D41, je note que je suis bien par rapport à mon objectif de 17h. Pas de stress, nous sommes à 1h12 du départ et je pointe en 1161ème position (je ne le sais pas). La montée du semnoz est encore loin alors j’avance très prudemment. Je constate que mon bidon droit rejette du liquide. Ce n’est pas une fuite, mais les gouttes de boisson qui me tombent sur la main et la cuisse vont m’énerver, je le sens ! Dans cette partie, je vais allumer ma frontale car cela manque de luminosité en sous-bois. On continue l’ascension du Semnoz. Durant cette deuxième partie, on va se faire rattraper par les premiers du relais. Et ce sera justement le gros point noir de cette course. Elle se déroule essentiellement sur des singles très sympa, mais sur lesquels le passage à deux en frontal est compliqué. Or, les relayeurs ayant moins de distance à courir vont à un rythme supérieur au nôtre. Et, durant toute la journée, nous allons nous faire doubler par ces chers relayeurs. Franchement, je ne vois pas l’intérêt de faire des super sas, un parcours dans un milieu intimiste de toute beauté, pour finalement faire passer plusieurs courses au même endroit. On apprend à réagir aux « gauche », « droite », « attention relais » et on continue. Le jour est bien levé à l’arrivée du Semnoz. Beaucoup de supporter et d’acclamations. Cela fait du bien. Je passe le col après 3h12 de course et suis en 1.196ème position. Premier ravitaillement solide. Je prends un bol de soupe aux légumes, bien chaud. Quelques morceaux de reblochon et… plus d’eau plate ! Obligé de se rabattre sur de la pétillante. Bizarre et mal organisé, car je suis loin d’être le dernier ! Avant la sortie du ravitaillement, je vais adopter une stratégie qui m’a évité du perdre du temps lors des ravitaillements liquides. Je me dirige vers un supporter et lui demande de me donner 2 sticks pour boisson qui se trouvent en accès libre dans mon sac (pas dans les poches avec fermeture). Les bidons étant sur le devant, je peux recharger en liquide sans enlever le sac. Cela me fait gagner facilement 1 à 2 minutes à chaque ravito liquide. Comme la journée va être chaude et la course longue, cela est payant sur la durée. Je recharge donc rapidement et repars sans délai. La longue descente qui suit vers saint Eustache annonce la couleur du terrain de jeux qui nous attend pour la journée : des pentes avec un dénivelé respectable, une terre glissante, des racines très apparentes et des pierres nombreuses et cassantes. Un terrain technique éprouvant et compliqué à courir. Le risque de chute est très fort et je verrais de nombreux coureurs / coureuses en faire les frais. A plusieurs reprises j’ai glissé. Mais heureusement jamais chuté (avec les pierres, il y avait moyen de se faire franchement mal…). Je descends à petits pas, tout en retenue. Une fois encore, tout à l’économie. La tête n’est pas encore dans la course à ce stade… On descend les près de 1000m de dénivelé avant de s’attaquer à une ascension bien marquée. Je recharge complètement en eau à Saint Eustache et repars pour environ 700m d’ascension vers le col de la cochette. Je passe le col à 10h40, nettement en avance sur mon temps prévisionnel, en 1.148ème position. Je suis bien physiquement, mais la tête ne prend toujours pas de plaisir. D’ailleurs, je n’ai quasiment aucune image ni souvenir de cette partie. On dévale 500m de dénivelé vers les maisons où je vais recharger en eau. Après, ce sont des raidillons avec descentes qui nous attendent. Là encore, je joue tout à l’économie et ne prends aucun risque. Dernière petite descente vers le second ravitaillement solide Doussard. Il fait chaud et lorsque nous quittons la forêt, nous avons facilement 3 à 4 kilomètres à courir en plein cagnard sur une route goudronnée. Cette partie n’est pas drôle, mais je la fais en trottinant pour la passer rapidement. A l’approche de Doussard, le chemin emprunte les champs qui rendent la course un peu moins pénible. J’arrive au ravitaillement tout en trottinant sous les acclamations des supporters. Point notable de cette course, durant toute la journée, la générosité et la richesse du public qui nous acclamera. Grands et petits, loulou ou sportifs, tout le monde y allait de son « bravo les gars » « allez courage » etc. Franchement notable et très agréable. Je me souviens même d’une bande de marginaux qui n’avaient que de la bière dans les mains et qui nous acclamaient à coup de « pas d’eau, pas d’po ! ». J’enlève le sac pour la première fois à Doussard. Une bonne soupe au fromage, quelques tucs et morceaux de fromages et prend le temps de regarder tous les messages reçus sur mon tél. J’appelle ma femme et les enfants. Quelques mots qui font chaud au cœur et qui m’annoncent que je suis doucement en train de remonter au classement. A Doussard, après 7h20 de course, il est 12h20 et je suis en 1.042ème position. A ce stade, on s’est déjà enquillé plus de 2500m de dénivelé et 44,3km. Je recharge et repars. Je discute à la sortie avec un gars qui me dit « ca y est, la course commence ! ». Pas faux. On est tous les deux en suunto. On compare nos distances. Sa montre donne 44km et la mienne 48k. Bizarre. Je m’arrêterais 16 minutes à Doussard. Après Doussard on a une grosse difficulté qui nous attend. On va monter jusqu’à 1670m (Doussard est à 471m), mais en trois étapes avec 2 descentes de 100 / 150m environ. Bref, qq chose comme 1600m d’ascension à se bouffer. Je marche histoire de bien installer la soupe dans le ventre. Je vois un coureur qui a adopté une stratégie inverse. Parti rapidement post ravitaillement, il s’évertue à un allégement total sur le bas-côté avec un chemin des aliments en sens inverse de l’ingestion. Va être longue l’après-midi pour lui… Doucement je commence à croire à cette course. J’aborde l’ascension vers le chalet de l’Aulps avec un mental requinqué. La montée se passe bien, mais est très longue. Je passe le col de la Forclaz sans difficulté. Les paysages deviennent fantastiques au fur et à mesure que l’on prend de la hauteur. Petite descente avec un ravitaillement en eau avant d’attaquer la seconde ascension. On atteint ce second pic, Chalet de l’Aulps, assez rapidement. Durant toute la montée, j’ai croisé des coureurs qui se sont arrêtés sur le bas-côté pour se reposer. Certains visiblement pour dormir. Perso je n’ai pas besoin de marquer un arrêt même si je sens que cette montée puise dans les ressources. J’ai quand même un coup au moral. Durant l’ascension, j’entendais des coureurs qui annonçaient une 20ène de kilomètre restant à courir. Je trouvais ça court, mais cohérent avec ce que m’affichait ma montre. Moins d’un semi à courir. Ça allait passer vite. Sauf que le panneau « nb de kilomètre restant à courir » affichait un tout autre chiffre. Et précisément, il affichait 30k encore jusqu’à l’arrivée. Bref, moralement, se prendre 10k comme cela, ce n’est pas terrible… Au chalet de l’Aulps, le paysage devient vraiment montagnard. C’est super sympa. On croise des supporters avec une rangée de cloches. Ça remonte le moral. Cette partie me fait penser au col du tricot (TDS). Chemin montagnard dégagé, pierre majoritaire, herbe, petit chemin creusé et succession de traileurs en pleine ascension. Je crois que c’est à cet endroit que l’on croise deux supporters qui descendent de la montagne avec un tambour. On se croirait revenu au temps de la guerre de Sécession avec les fantassins qui partaient au front au chant du tambour et des flutes. Ca me sape le moral, mais pas très longtemps. Il fait très beau, je suis bien physiquement et commence à apprécier cette course… Au contrôle de ce passage, je pointe en 885ème position et il est 14h43. Je viens de gagner 157 places dans cette partie… Le reste de l’ascension se fait sur un terrain de plus en plus incliné. On se croirait au puncho d’Agast à Millau ou le passeur de Pralognan. Le rythme est vraiment lent. On est tous marqués. Je suis avec un coureur qui connait et qui m’annonce « dernier lacet ». Il y en aura 3 autres de ses « derniers lacets »… Cochon va ! Au Pas de l’Aulps, nous sommes à 1620m. La vue est à couper le souffle. Des coureurs s’arrêtent après cette ascension vraiment éprouvante. Il se repose en savourant le paysage. J’ai encore repris 35 places dans cette partie et pointe en 850ème position. Il est 15h48 et je sens que je peux être en avance sur ma projection de temps de course. Je suis là pour faire la course, et n’ai pas envie de me refroidir en contemplant le paysage. La descente à suivre est vraiment longue et j’ai le souvenir de notre première longue descente compliquée et cassante. Qui plus est, j’ai entendu toute la journée que la dernière descente était vraiment technique et qu’il valait mieux l’aborder en plein jour sous peine de perdre beaucoup de temps. Je prends donc l’option d’enchainer toute de suite la descente. Je commence cette partie de la même façon que toutes mes autres descentes : petits pas roulants, le moins de choc possible. Et puis, rapidement, je me retrouve à talonner les coureurs. J’en double un et arrive rapidement sur celui qui le précède. Je me rends compte que je suis rapide dans cette partie et que je dois adopter une autre stratégie. Les cuisses étant bien, même si je sens les muscles, je file tout droit dans la pente. Stratégie boulet de canon. Tout le corps réagit très bien à cette fougue soudaine et j’arrive rapidement au point d’eau de Villard Dessus. Je ravitaille rapidement, encore !, à la petite fontaine. Je bois beaucoup, mais arrive à faire des poses pipi. Très bon signe. La partie qui suit jusqu’au dernier ravitaillement est un mélange de raidillon, de roulant et de petites descentes. Pas très compliqué et absorbé sans trop de difficulté. J’arrive à relancer sur le plat, suis très à l’aise en descente et ne souffre pas en montée. L’arrivée par la route à Menthon Saint Bernard, dernier ravitaillement, n’est pas aussi épuisante moralement que celle de Doussard. On fait le plein d’acclamations et on se dirige vers le ravitaillement. Je charge en eau et file me restaurer. Là, la classe, mon repas favori : une soupe au vermicelle ! Je chope des tucs, morceaux de fromage et file m’installer à une table. Je prends le téléphone et appelle ma chérie. Tout le monde est excité. Je vais arriver bien plus vite que prévu et il faut penser à se diriger vers le point d’arrivée. Effectivement, je pointe en 785ème position après 12h25 de course. Je repars après 13 minutes d’arrêt. Ravitaillement rapide sur cette course. Ce qui nous reste à courir est simple : 15k de course la moitié en ascension et environ 800m de grimpette à se faire. A la sortie de Menthon Saint Bernard je sympathise avec un coureur. Il m’indique qu’il a eu un gros coup de moins bien et qu’il a dû dormir à Menthon. Son problème est qu’il n’arrive plus à s’alimenter et qu’il a le bide en vrac. Je le quitte dès que le relief se transforme en lui disant de monter devant, car je suis lent. Très lent même. Cette dernière montée sera terriblement longue et je dois marquer plusieurs fois des arrêts. Le cœur bas vite, mais les jambes ne suivent plus. En fait, bizarrement, je suis persuadé que c’est la tête qui flanche. Car je n’ai pas de difficulté lors des grandes enjambées. Mais j’en ai marre. Et quand la tête ne veut pas… pas simple ! L’ascension vers le Mont Baron en passant par le col des contrebandiers se solde par une vue réellement magnifique sur le lac. C’est une des photos que je préfère. Une vue extraordinaire. Un coureur local qui ne faisait pas la course nous précise « maintenant c’est tout en descente jusqu’à Annecy ». Je commence à avoir la banane. Mais pour la descente il va falloir attendre encore un peu. La montée n’est pas complètement terminée et il va falloir pousser un peu sur les cuisses. Mais comme l’odeur de l’arrivée est bien réelle, tout ceci n’a pas beaucoup d’importance. Comme quoi, la tête… Arrive enfin le moment où l’inclinaison passe en sens opposé. Je recroise mon camarade avec lequel je discutais après le dernier ravito. Ce qui me fait dire que nous avons probablement tous souffert dans cette partie. D’ailleurs je n’ai perdu que 2 places dans cette dernière ascension et pointe en 787ème position au Mont Baron. Il est 19h59. J’avais prévu une arrivée à 22h. Il me reste un peu plus de 5km à courir, dont 814m de descentes. C’est sûr que je vais faire mieux que prévu, même si cette dernière descente est redoutée de nombreux coureurs. Au moment de l’attaquer, j’entends mon camarade se vider totalement, souffrant de crises gastriques. La fin de course va être pénible pour lui… J’attaque cette partie en lâchant les chevaux. Je retrouve les mêmes sensations que lors de la descente du col de la clochette. Je fonce et prends tous les risques. Je retrouve un coureur qui a le même rythme que moi. On va foncer ensemble vers l’arrivée. Si la descente est technique, elle est surtout rendue difficile compte tenu du dénivelé déjà absorbé. Je ne trouve pas qu’elle soit si compliquée et je n’ai pas de difficulté à trouver mon rythme. On sort de la forêt directement sur un ponton de bois sur le lac. Un organisateur nous annonce 1km jusqu’à l’arrivée. Je saute sur une pierre histoire de me donner du style face aux badauds. Quel con. J’ai une crampe qui se déclenche en l’air et manque de me casser la gueul… en reposant les pieds au sol. M’en fou. C’est la fin. Je cours à bon rythme. Fin du ponton. Un panneau annonce 1km. Salaud ! Cette dernière ligne droite j’en ai rêvé. Je pensais pleurer en arrivant, mais non, je suis super content. Les gens nous acclament. J’ai la chance d’être seul sur cette partie et peu profiter de tous les supporters, rien que pour moi. Il y a de plus en plus de monde. Je cherche ma famille du regard. Et là, tout au loin, je vois ma pimprenelle. J’hurle et appelle ma femme, mes enfants. Ca y est, ils m’ont vu. Le monde s’arrête et se forme comme un couloir invisible de tous, mais qui élimine tout ce qui n’est pas ma famille. J’embrasse ma femme, récupère un de mes fils et ma fille. Les enfants se tiennent la main et courent les derniers mètres avec papa. Merveilleux. Bon, les derniers mètres ont duré un peu et j’avais peur que ma petite se casse la binette ou me fasse un coup de « j’veux plus courir ». Mais non, pas de chute, pas de remarque. Le sourire sur le visage des enfants qui ne comprennent pas vraiment la symbolique du moment. Qui ne sont pas chargés de la même émotion que papa. Nous passons tous les trois la ligne d’arrivée sur le tapis rouge. Il est 20h42, j’ai mis 14h43 pour courir cette course et pointe en 729ème position. Il y aura eu 27% d’abandons. C’est une course merveilleuse, par la beauté de son site et le tracé, mais très éprouvante. Elle aurait encore été plus superbe si le relais n’avait pas emprunté le même chemin. Un grand bravo à l’organisation et aux bénévoles, toujours plus important que jamais. Le couac du premier ravito ayant été une exception.
    • 9.6.2015

      La vue superbe au Mont Baron, dernière ascension

      9.6.2015

      L'arrivée avec une partie de la Dream Team

      9.6.2015

      La dernière ligne droite, sur le ponton, au lac d'Annecy

      9.6.2015

      Photo prise la veille de la course sur le lac

  • 8.2.2015
    • Trail running 3:16'32.8 Average heart rate 155 bpm, 29.39 km
      Maxi Cross de Bouffémont. Première participation à cette course. Je connaissais le parcours pour l'avoir couru à plusieurs reprises (merci les traces disponibles en téléchargement). Je craignais un excès de boue. Heureusement, les températures glaciales de la semaine avaient rendu le terrain dur et moins pénible à courir. La fin du parcours était néanmoins très boueuse, mais bon, c'était la fin! La course s'est bien déroulée. Je n'avais pas de stratégie particulière et était tiraillé entre l'envie de découdre un peu et le sentiment que ce n'était qu'une sortie dans ma prépa marathon et donc aucun intérêt de pousser. Et puis, comme toujours dans les courses, il est facile de se laisser prendre au jeu. Ce que j'ai fait, sans trop résister, je l'avoue. Les jambes répondaient bien. Les fractionnés réalisés depuis le début janvier me permettaient d'avoir une bonne amplitude de course sur les parties roulantes. Jusqu'au 15ème kilo, point du ravitaillement, un groupe s'est rapidement formé avec des niveaux comparables. Je doublais mais peu. Passe-passe entre les montées et les descentes, combiné avec un beau rythme sur le quasi plat, faisaient que l'on croisait souvent. Au ravito, je prends le temps de recharger les gourdes et de faire une petite pause technique. Je constate qu'une majorité de coureurs ne s'arrête même pas et suis surpris. Du coup je pense avoir perdu pas mal de places, mais franchement je ne comprenais pas leur stratégie. On repart sur la seconde partie du parcours. Je me sens bien donc appuie un peu sur ce qui peut être couru facilement. Je rattrape pas mal de coureurs et mets cela sur le coup de la fatigue de ces coureurs plus que le rythme. Contre toute attente, je ne marque pas à mon augmentation de rythme. Alors je continue. Je rappelle que je connaissais le parcours et que cela aide franchement pour doser son effort. Justement, je pense avoir bien su gérer cette partie, car globalement je double nettement plus que je ne me fais doubler. Toujours est-il que je reste bien. Même à 20k. A 25k un petit coup de moins bien, mais franchement rien de marquant. Les 5 derniers K. Je me dis que c'est l'occasion de pousser un peu. Je cours partout, quelle que soit l'inclinaison. Dernière ligne droite. Ça descend. Allez, go, derniers mètres. Avant de franchir la ligne d'arrivée je retrouve mon copain greg qui a déclaré forfait après le ravito et est rentré par les chemins que l'on connait. Je suis surpris de le voir déjà et pense immédiatement à l'abandon (pas bien!) qui se vérifie par la suite lorsqu'il me rejoint après la ligne d'arrivée. Bah, ce n'est pas grave, cela nous permettra de dévorer plus rapidement le poulet rôti qui nous attend à la maison avec nos familles ... Bien content de la course; content d'avoir pu croiser Aurélien Collet, organisateur de tallent et grand champion. Et puis, je suis content de ma performance! Il y avait 617 inscrits à cette course et 494 classés à l'arrivée
    27.8.2014
    • Trail running 19:57'10.4 Average heart rate 120 bpm, 84.96 km
      TDS 2014 Une course qui s’annonçait bien... La veille de la course, une pluie dense et massive tombait de façon quasi permanente sur l'ensemble du massif montagneux. Le moral était aussi haut que le plafond. Mais, pourtant, la météo annonçait des très nettes améliorations pour le mercredi et jeudi. La réalité a été au dessus de nos espérances : un grand et beau soleil nous a éclairé toute la journée du mercredi. Pas trop de vent, quelques bourrasques dans les cols mais rien d'anormal. Il faisait bon, voir même trop chaud en vallée (exemple de bourg saint maurice). Je courais avec un copain que j'avais rencontré lors de la reconnaissance. L'idée de courir ensemble venait de lui. Bonne idée selon moi compte tenu du milieu dans lequel nous évoluons et surtout du format de la course. Mais j'avais la très nette conviction qu'il était d'un niveau supérieur au mien. Nous avions programmé une course sur un objectif de 25h30. Le copain voulait même, idéalement, passer sous la médiane de 24h. Le rythme de 25,5h est déjà rapide. Cela me semblait suffisamment ambitieux. Le début de la course est conforme à notre stratégie. Au col chécrouit (1h30 de course), nous avions 5min d'avance. RAS. A l'arrête du Mont Favre (1280D , 11,2km) nous avions 12min. Cool. La descente vers le lac combal est fait à notre rythme. On Arrive à la base vie d'où nous repartons après ravitaillement après 3h02 de course. Au lieu de 3h45. Nous sommes vraiment en avance. Mais nous n'avons pas le sentiment d’accélérer. Nous courons à notre rythme. Cool. Il y a beaucoup de monde pour grimper au col chavannes. Lorsque nous le passons, cela fait 1880D et 20km. Nous le passons après 4h09 de course au lieu de 4h41. L'avance reste. Après le col chavannes, c'est une longue, longue descente roulante vers Alpetta. Nous courons tout du long même si nous trouvons le temps vraiment long. Pas de check à ce point. Nous grimpons alors vers le col du petit saint bernard où nos familles nous attendent. Ca motive. Je n'aime pas cette partie. En particulier avec un raidillon vraiment raide à la fin. On arrive au ravito du col du petit saint bernard après 6h34 de course. On a 1h d'avance... on prend notre temps. Discutons avec nos familles. Il fait beau. Tous les indicateurs sont au vert. On repart vers bourg. Je me laisse griser par cette belle descente. Nous l'absorbons rapidement. On arrive à Bourg Saint Maurice après 8h28 de course. Au lieu de ... 10h... No comment. On prend notre temps à bourg. On discute avec nos familles. Je change de chaussure car je sens mon pied droit qui chauffe. On avale de la soupe. On prends notre temps. A ce stade nous sommes à 50km de course et 2600m D . Après Bourg on a une méchante ascension vers 1/ le fort de la platte (940 m de dénivelé à avaler), immédiatement suivie par le col de la forclaz (370m que le fort de la platte). Bref, sur 8,5km, on s'enquille plus de 1300m de dénivellé... Ca pique. Je commence à sentir les jambes qui font mal. Les derniers mètres de l'ascension se font tout doucement. Pour autant, à ce stade, tous les indicateurs sont au vert. Je suis bien. Et le copain aussi. On passe le fort de la platte après 11h02 de course. Au lieu de 11h46. C'est clair, le rythme à très nettement diminué. Après le col de forclaz, ca descend un peu. Je cours à peine. Puis on attaque une nouvelle ascension vers le passeur de pralognan. Là ca grimpe méchant. Le passeur à la particularité de descendre très brutalement derrière. Limite escalade. Précisément, à l'ascension c'est 300m pris sur 1,4km soit 21% de côte. Et la descente c'est 250m D- sur 540m soit plus de 40%... Bref, il vaut le mieux le passer de jour. Et justement, notre rythme nous permet de le passer en plein jour. Heureusement. Car après tous les passages, les pierres sont grasses et très glissantes. Je n'ai pas les bonnes chaussures (les bonnes m'attendent au Cormet de Roselend) et n'ai donc pas le pied sur. Après le passeur, on file vers le Cormet de Roselend. Je ne me souvenais plus de cette partie mais c'est nettement moins roulant que dans mes souvenirs de reconnaissance. A moins que ce ne soit la fatigue. Bref, beaucoup marché dans cette partie avec quelques parties courues. Puis on rejoint une route qui nous amène au Cormet. Une route interminable d'ailleurs. J'essaye de courir mais les jambes font mal. Je me réserve. Nous avons de l'avance, inutile de tout bruler. Mouais, arrive un peu tard cette affirmation!. Bref, l'avantage de la route c'est de nous éviter de sortir les frontales pour atteindre le Cormet. On y arrive dans une profonde pénombre. L'ambiance à l'intérieure est surchargée. Il y a très peu de place libre. La musique est à fonds. Pas très bien foutu car le Cormet est une base dans laquelle on peut récupérer un sac de délestage. Tous le monde se change pour affronter la nuit. Et pas de place ravito change musique à fonds n'est définitivement pas idéal. On se change. Je prends l'option de me couvrir méchamment mais ne pense pas au corsaire. Puis le corsaire. Bref, des AR avec le sacs qui nous retardent. On repart. Et là, le choc. La nuit noire, je connais. La frontale, je connais aussi. Entre 5 et 8°, pas la mort. Mais tout ca après 14h de course, crevé, avec les pieds mouillés... C'est juste l'horreur. Je grelote. Je suis démoralisé. On repart. Ca grimpe vers le col de la sauce. Avec beaucoup de chemin. Mais c'est dur. Comme c'est dur de s'y remettre! Cette montée, qui pourtant est un peu moins de 400m, n'en fini pas. On voit des coureurs dormir dans le bas côté. Pas la bonne idée. Des types s'arrêtent en chemin. Tout le monde souffre. Moi aussi. Le col de la sauce est atteint péniblement. Derrière c'est la descente vers le refuge de la Gite. Un single qui serpente et qui se court facilement. Je me lache. On s'éclate. On oublie les cuisses. On bondit de pierre en pierre, double une tripotée de coureurs beaucoup plus prudent (et intelligent). Bref, on refait notre retard. On court même dans le passage des curés rendu très glissant. L'éclate à tout point de vue. On arrive au refuge encore plus vite que lors de la reco. Après la gitte c'est une p.. de montée de près de 700m. Une longue montée droite dans la pente. Elle m'achève. Je m'arrête pour tous les prétextes possibles. Je suis perdu dans mes repères. Au col on entend la musique. On m'interroge. Pas possible que ce soit le col du joly. Dans mes souvenirs c'était beaucoup plus loin. Et surtout je me souvenais d'un passage escarpé dans la montagne, dangereux mais avec une vue superbe. Pour la vue on repassera car il fait nuit. Mais le chemin descend. Ne remonte pas. Je suis perdu. Je courote tant bien que mal. Au bout d'un long moment de descente le verdict tombe. Les frontales des coureurs devant nous forment un serpentin qui monte à perte de vue dans la nuit. Moralement je suis atteint. Je m'effondre et m'allonge à même le sol. Le copain me motive, recherche des images positives. J'attens la fin. Je négocie 5 min d'arrêt. Me relève. Monte 10m. Négocie le pipi. Je suis un vrai boulet. Dans ma tête il devient clair que le truc et tricot ne seront pas possible. Je lache tout pour attendre le sommet. Je zigzag sur le bord du précipice dans la nuit. Le copain est aux aguets derrière moi. Je glisse trois ou quatre fois. Tombe. Me redresse. L'enfer. Nous sommes à moins de 500m du col joly. Je supplie mon compagnon de filer faire sa course. De terminer et de se faire plaisir. Après négociation il part. Je craque dans la nuit. J'avance doucement vers le refuge. Des médecins alertés par mon compagnon de combat viennent à ma rencontre suite à son alerte. Au refuge, le verdict médical est un épuisement généralisé. La tension au plus bas. On négocie une soupe et un peu de sommeil. On improvisera après. Mais après c'est pas mieux. Si je peux descendre aux contamines, je serais incapable de monter truc et tricot. J'abandonne.
    26.10.2014
    • Trail running 11:35'32 Average heart rate 132 bpm, 73.20 km
      Le grand trail des templiers 2014 Une très belle course avec tout ce qu'il faut Rendez vous ce weekend du 26 octobre pour revenir sur les terres aveyronnaises. Pays merveilleux, habitants à l'hospitalité exceptionnelle, et une richesse culinaire incroyable sur les premières caractéristiques qui me viennent à l'esprit. L'année dernière avait été une mauvais année : j'avais du abandonner au deuxième ravito sur blessure de la cheville. Cette année a été marquée par mon échec à la TDS. En arrivant sur la ligne de départ, j'avais à la fois la conviction d'avoir la bonne prépa (19h quand même sur la TDS) mais aussi la certitude que cette course était différente. Gardons à l'esprit qu'il y a des côtes à plus de 30% et que le parcours est généralement très technique. Il fait froid à 5h15, heure du départ. Mais on sait aussi que la journée va être superbe avec pas le moindre nuage annoncé. Ca va cogner. Comme à l'accoutumée, un départ rapide, très rapide. Je ne fais pas la même bêtise que l'année dernière et gère plus en douceur. Dès le départ je note que le parcours à changé et l'on ne prend pas la même route pour rejoindre la côte de carbassas. Cette dernière fait 470 sur un peu plus d'un kilo. Elle s'avale plutôt bien dans l'euphorie du départ. Sur le plateau, a dominante descendante, je n'arrive pas à trouver mes sensations. Les jambes font mal... Durant le long faux plat descendant avec quelques remontées vers Peyreleau, on prend le temps de trouver le rythme, de se détendre. Je me fais pas mal doublé par, ce que je pense être, des coureurs qui cèdent à l'euphorie. A l'approche du premier ravitaillement la nature nous offre une parenthèse dans notre effort : un lever du soleil sur les plateaux aveyronnais. Sublime. Superbe. C'est surtout pour cela que l'on fait cette course. Il ne faut pas l'oublier. Il ne faudra pas l'oublier dans les moments difficiles. Peyreleau se passe facilement et on attaque par la seconde montée de cette course. Moins dure 450 et moins de pente, mais beaucoup plus longue. Finalement je l'absorbe sans difficultée et arrive facilement à son sommet. Cette montée n'est pas 'belle' en ce sens qu'elle se passe en large partie en sous bois et qu'il n'est pas souvent donné de voir les georges environnantes. En plus, le versant montée n'est pas exposé au soleil. Allez, arrêtons de se plaindre et reprenons la course. Le ravito prochain est a St André de vézines et il faut compter a peu près 6K à partir du hausse de la montée de Peyreleau pour le rejoindre. Un petit tape cul au milieu mais cette partie se fait plutôt bien et ce d'autant plus qu'elle est composé de petit single qui zigzag entres les arbres. J'adore ce genre de slalom où l'on ne pense plus du tout à ce que l'on ressent (douleur) car on est concentré sur son objectif : frôler cet arbre, s'amuser à baisser l'épaule comme un skieur passerait une porte de slalom... L'arrivée sur St andré est plus jolie que par le passé : moins de route. Durant toute cette journée, il y aura une caractéristique essentielle : comme il faisait vraiment très beau, il y avait toujours foule dans tous les villages traversés. C'était le cas à Peyreleau, et c'est encore plus vrai à Saint André! En plus, l'organisation à fait en sorte que l'on arrive toujours aux ravitos dans un couloir de barrières où le public s'entasse sur les côtés comme pour voir à quoi ressemblent ces fous qui affrontent leurs terres. On est servi. Beaucoup d'acclamation. De la chaleur. Que ça fait du bien! Je laisse rapidement St André : c'est une caractéristique de ma gestion de cette course : pas plus de 3 min à chaque ravito. L'apprentissage TDS où j'avais très mal géré ce temps... Ce qui suit est magnifique. Je l'ai découvert cet été : un long parcours descendant jusqu'au petit village de Montméjean. J'avais dit aux amis que cette partie était superbe. Je n'avais pas mentit. Petite déception, nous ne passons pas devant l'arbre aux papillons qui est à l'entrée du village! Mais ce n'est pas grave. Suit un petit single qui longe la roche et tourne sur la gauche. En tournant la tête, une vue sublime sur les georges de la Dourbie. Les cartes IGN mentionnent même un point de vue. Pas mentit. Nous empruntons le GR62 qui rapidement reprend de l'altitude. Montée qui se gère bien et surtout une vue de tout les instants. Je sais qu'il y a un prix en haut... Alors je monte tranquillement. Au fonds de moi, ce n'est plus de l'effort mais vraiment du plaisir. Je connais le chemin. Je suis bien. Il fait beau. C'est beau... Tout va bien! On arrive en haut de la corniche du Rajol. Et voilà le prix : une vue sublime sur toutes les georges de la doubie avec Millau dessiné et, en toile de fond, le viaduc... Wouaaaaa. Franchement c'est beau. Un hélico tourne au dessus de nos têtes pour nous filmer. Avec le groupe de coureur on fait des houras. On a vraiment pas l'impression d'être dans une course mais plus une sortie entre copain. La traversée de ce plateau fait mal aux cuisses. Je serre les fesses et passe sans plaisir. Mais il y a un second prix plus très loin : les rochers de roques altes. Alors là c'est franchement très grand. Imaginez une arche haute d'environ 10m avec un trou gigantesque au milieu (un mini arc de triomphe quoi). Vous passez par le trou. Mais avant, vous avez tout le paysage qui se détache car l'arche fait office de cadre naturel. Magnifique. La descente vers La Roque Ste Margueritte est technique. Attention aux chevilles. Tout se passe bien, je suis dans mon rythme et j'aime surtout ce passage. Mais il y a 2 étapes. Jusqu'à la route et après la route. Cette seconde partie est moins drole. On est dans un trou avec très peu de parties roulantes. Avant de m'y engager j'indique au gars qui était juste derrière de passez devant s'il se sent en forme. Il me double avec conviction. Ben il a mal anticipé la partie que je lui mentionnais car je le déposerais un peu plus tard. Niark Niark. Bref, tout est une gestion de l'effort. Et là je me rends compte que de connaître le parcours, ca aide méchamment. Ne serais-ce que pour se projeter mentalement. Et çà ca compte! On arrive à la Roque qui est vraiment un superbe petit village. C'est un point d'eau heureux. Les gens nous acclament. On charge en eau et le bénévole (un très grand bravo à eux pour la bonne humeur et la gentillesse) me dit de foncer à Pierrefiche parce que c'est sa femme qui fait le ravito. La classe : toute la famille au service des coureurs! Bravo! Bon, l'attaque de la côte de Pierrefiche ne se fera pas au pas de course. On est à 42k de course et il faut se taper 346 sur 1560m. Par certain moment ca pique mais ca se monte sans trop de problème. Je commence à boire beaucoup. L'effort est toujours bon. Pas de douleur, pas de souffrance. Arrivé en haut de la côte, on arrive sur un plateau assez dégagé et finalement un peu monotone. Faux plat descendant parfois. Il faut courir. C'est long. Ca attaque le moral car pas assez varié. Je marche un peu, histoire de s'économiser. Pause pipi : tout va bien, l'hydratation est bonne. Allez, on repart. L'idée est de laisser rapidement le plateau pour arriver au Ravito. Et là, franchement, la grand classe. Une fois encore beaucoup de monde à Pierrefiche pour nous acclamer. On attaque alors une partie assez nerveuse. Petites relances, descentes et tapes cul divers. Beaucoup de single avec des vues dégagées et superbes sur les gorges. Comme je suis pas trop mal classé (mais aucune idée à ce moment de la course) je n'ai pas trop de monde et peut faire ma course à mon rythme. C'est un grand plus. On reconnait les têtes avec lesquelles ont court depuis qq instants. Un respect mutuel dans l'effort. C'est vraiment ce que j'aime dans ce sport. Pas besoin de parole pour deviner ce qui se passe chez les autres! On attaque le ravin du Gazel au 53ème qui illustre parfaitement ce passage. Un peu plus de 420m+ à passer sur près de 5km. Petites montées, petites descentes. On croit qu'on est bien et que ca passe sans effort. C'est tout à fait différent! Par contre, gros avantage, c'est que cette partie passe finalement assez rapidement. La variation du rythme tue tout risque de monotonie! Nous arrivons à Massebiau. Heureusement, l'organisation a prévu un point d'eau avant l'attaque de la dernière grosse difficulté. Il fait chaud et je prends le temps de boire copieusement. Je me rends compte que mon hydratation aurait pu être plus importante durant la course. Mais je ne souffre pas de fatigue particulière, pas de douleur. Le moral est bon. J'attaque donc la côte de Massebiau vers la ferme du cade tout en douceur. On se prend 461+ sur 2,9Km. Nous sommes à 62k de course. Il en reste donc encore 12... Une anecdote : au début de la montée, une jeune femme m'encourage. "Allez, c'est la dernière montée". Je ne résiste pas de souligner "avant dernière... Après il y a le Puncho...". Un autre couple rigole :"connais l'parcours celui-là". Ben voui! et merci pour tous ces échanges qui réchauffent vraiment le coeur! Je suis bien dans la montée. Je me souviens combien j'avais souffert il y a 2 ans. Là, ca monte tranquille et doucement, à mon rythme. Je croise de plus en plus de coureurs, assis sur le côté du chemin, recherchant le second souffle. J'étais exactement comme çà il y a 2 ans. Les templiers sont particuliers car c'est une course roulante mais avec de vrai difficulté sur le relief. Et c'est archi classique de lâcher le jus dans les parties roulantes et de le payer cher dès que le relief revient. Je ne suis pas meilleur que les autres. Je le savais et avais géré ma course en conséquence. Mon entrainement aussi. Merde, faudrait quand même que mes efforts dans ma tentative de TDS payent non!! La fin de la montée arrive plus vite que dans mes souvenirs. On se retrouve rapidement dans les sous-bois sympathique du haut plateau en direction de la "ferme". Et là, fidèle à mon souvenir, c'est l'orgie. Punaise, quel ravitaillement. Franchement, à ceux qui me liront et qui n'auraient jamais fait cette course, serrez les fesses et les dents mais allez jusqu'à la ferme du cade. J'y serais presque resté un peu trop longtemps. J'avais jeté mon dévolu sur des amuses bouches en pain d'épices avec du roquefort et une pointe de confiture / pruneau. une tuerie. Je ne me suis pas ravitaillé, j'ai mangé. Bref, toutes les bonnes choses ont une fin alors j'ai du partir. Après avoir chaleureusement remercié la bénévole qui était derrière ce stand et qui nous servait avec la plus grande gentillesse. C'est la fin. Le chemin se transforme rapidement en single qui serpente et descent. C'est ludique, c'est chouette. Le single est étroit et donne directement sur les gorges. C'est impressionnant (et dangereux!). Je suis derrière une jeune femme qui semble à l'aise. Je suis impressionné car elle court avec de simple basket. Enfin je crois. Elle est plus à l'aise que moi sur les montées mais je vais légèrement un peu plus vite sur le roulant et fini par la doubler juste avant la dernière vrai montée : le puncho d'agast. Le relais qui domine Millau. Ca pique. Là ce sont des marches balaises qui vous attendent. Une fois encore, ca passe. Pas l'horreur comme en 2012. Arrivé au Puncho, il y a tout une série de parapentes qui s'éclatent. Certains nous salut même alors qu'on est en plein effort, et eux volant dans les cieux. Au sommet, deux de ces sportifs, les pieds sur le sol des vaches, nous filment. A mon passage j'ai le droit à "un commentaire?". Un peu épuisé, je lâche maladroitement qu'il leur sera plus facile de descendre avec leur parapente que moi avec mes chaussures. Je sais c'est con. Mais après 11h de course, on manque de lucidité! Ça y est. Ça sent la fin. Dernière descente en passant par le trou du hibou. Toujours aussi amusant de traverser cette petite grotte éclairée de quelques lumières. C'est typique. Le reste va allez assez vite. Le terrain est sec alors la descente après la grotte qui est assez raide peut se faire à bon rythme. Dernières lignes droites. Certains marchent. Je les encourages car c'est vraiment la fin. Cette année l'organisation nous imposait quelques circonvolutions avant de franchir la ligne d'arrivée. Avec des marches à monter et descendre. La vache, super casse gueule! Je ne sais pas comment ca donnait côté spectateur, mais c'était assez déstabilisant côté coureur! Ligne d'arrivée franchie. Fin de l'effort. Je vois mon temps. 11h35. Oh ben non, moi qui voulait faire mieux qu'en 2012 où j'avais fait 11h32 ... Le classement maintenant : 578? Mince, c'est plutôt bon pour un moyen comme moi. Et pour cause, contrairement au parcours de 2012, il y avait près de 5km et 500+. Je suis donc hyper content de cette course. Premièrement parce qu'elle est superbe et qu'elle nous a été servie dans des conditions climatiques hallucinantes. Deuxièmement parce que je la termine dans de bonnes conditions. Fatigué mais pas épuisé. Troisièmement parce que je suis super fier de mon classement! Un seul gros bémol : comme toute course hyper populaire, que de monde! Trop de monde!
    8.6.2014
    • Trail running 7:37'48.3 Average heart rate 140 bpm, 57.37 km
      Les gendarmes et les voleurs - Ambazac Une très belle course dans le limousin. Des conditions météo radicalement différentes de celles de l'année dernière : on passe du brouillard + eau à 5° à un temps très ensoleillé et des températures comprises entre 26 et 30. Comme pour tous les coureurs de ce week end, la vrai difficulté a donc été de gérer l'hydratation. Visiblement je n'ai pas très bien réussi cet exercice! Car si les sensations et le rythme étaient bon jusqu'au 40ème, après j'ai eu un gros coup de moins bien. Les crampes sont arrivées avant le 50ème, la nausée aussi et, pour couronner le tout, les étourdissements. On sert les f..., on bombe le torse et on termine à l'arrache! Heureusement j'avais toute ma petite famille en supporter 1ere classe : j'ai même eu le plaisir de passer la ligne d'arrivée avec la petite dans les bras. Cette photo va vite être ma photo movescount!! Que dire de cette course si ce n'est qu'elle frole le sans faute pour l'organisation : un balisage exceptionnel, des gendarmes partout pour diriger et réguler (je crois que je n'avais jamais vu autant de gendarmes le temps d'un week end), une structure avec, en particulier, une ligne d'arrivée sur tapis rouge mémorable. Bref, que des bons souvenirs! A tous ceux qui hésiteraient, c'est un passage vraiment sympa : du moins, lorsque le soleil est de la partie, car le limousin est vert... Au final, 126ème sur 700 partants (mais nettement moins à l'arrivée...)
  • 6.4.2014
    • Running 3:21'21.2 Average heart rate 156 bpm, 42.56 km
      Marathon de Paris 2014. Le rythme était bon jusqu'au 30ème et j'étais calé sur l'objectif de 3h15. Malheureusement, on n'atteint pas cet objectif sans une ressource et une énergie qui m'a fait défaut. Je pense avoir atteint mes limites là. Course tout en souffrance à partir du 25ème. Classement officiel : 3349 au total, 1211 dans la catégorie (VH1)
    8.12.2013
    • Trail running 2:23'51.2 Average heart rate 162 bpm, 19.57 km
      Indian Race Montmorency 2013 Une course dans la forêt de montmorency qui a la particularité d'être un hybride entre la course d'orientation (balises et cartes à poinconner - mais sans l'orientation car points d'identification partout pour indiquer le chemin) et la course trail (forêt et variété des sols et reliefs - parcours privilégiant le "hors piste"). Dur pour les cuisses - pas tant musculaire mais plutôt griffure et branches à tout va - et surtout une incroyable ambiance. Un gros bravo à l'organisation car le chemin est parfaitement balisé et le cardio est bien sollicité. Bonne course pour moi même si la montre s'est arrêtée en cours de course (merci les branchages). Résultats : 15ème sur 100 en 2h38.
    8.9.2013
    • Trail running 6:53'09.8 Average heart rate 144 bpm, 62.20 km
      Trail de la côte d'opale 2013 - 62km Conditions météo idéales : ciel dégagé durant toutes la course avec une température moyenne de 20°. Vent raisonnable. Départ sur une plage durant 3/4km permettant de monter tranquillement en température. 5 ascensions, les principales, sur les 30 premiers k. Passage au 40ème avec une moyenne de 10,6km/h ce qui est très satisfaisant. Mais j'avais mal anticipé ce qui allait suivre : beaucoup de sable mou, des dunes à passer et des longs passages sur la plage obligeant à courir dans l'eau pour trouver du sable dur. Les 15 derniers k se sont faits à l'arrache en mettant toutes les ressources dispo : grosse lassitude psy à gérer compte tenu des longues lignes droites monotones du parcours. Pas mal de bitume aussi de sorte que les talons font vraiment mal à la fin. Le dénivelé est très raisonnable mais la difficulté vient vraiment du sable. Manu gault à même qualifié la course plus dure que la 6000D... Mais il est vrai que c'était l'année dernière avec des conditions météo horribles (30°). Au final, je suis très content de mon 6h53. Les résultats : 472 insc, 417 partants et 387 arrivés Classement : 112ème
    17.8.2013
    • Running 1:34'52.3 Average heart rate 163 bpm, 20.30 km
      Course de 20km du Touquet. 414 coureurs et je termine en 104ème position. J'améliore ma performance sur la distance qui datait de mon premier 20km de paris en 2007!! Donc, content et ce d'autant plus que la course s'inscrit dans des semaines d'entrainements assez chargées.

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